LES TEXTES OFFICIELS DE L’ANNEE 1805

République italienne



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14/01/1805 : Lettre de Paris, au maréchal Berthier

Mon Cousin, donnez l’ordre à six escadrons de cavalerie de ma Garde de partir, mercredi 26, sous les ordres du colonel-général Beauharnais, pour se rendre à Lyon…
Vous donnerez également ordre à quatre compagnies du premier bataillon des grenadiers à pied, à quatre compagnies du second, à quatre compagnies des deux bataillons de chasseurs à pied (ces seize compagnies complétées par des vélites  à 100 hommes chacune) , et au bataillon de grenadiers de la garde du Président de la République italienne, de partir également, sous les ordres du général Soulès, jeudi, pour se rendre à Lyon, où ils recevront de nouveaux ordres.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org



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25/01/1805 : Lettre de Paris, au maréchal Berthier

Mon Cousin, mon intention est que le maréchal Jourdan réunisse à Vérone …  Donnez ordre à la compagnie d’artillerie légère italienne, qui est en France, de retourner en Italie.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org



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30/01/1805 : Lettre de Paris, à M Cambacérès

Mon Cousin, je vous envoie le statut organique de la République italienne. Le décret de Lyon est son premier acte constitutionnel, comme la constitution de l’an VIII l’est pour nous. Ce statut en contient les modifications. J’ai dicté différentes autres observations sur chaque titre, à mettre dans la nouvelle rédaction. Vous lirez aussi les observations de M. Melzi et de la Consulte, et vous verrez s’il y en a qui méritent considération.
Quand vous aurez pris connaissance de toutes ces pièces, vous pourrez en causer avec moi. Lisez bien la constitution de Lyon, pour voir les articles dont la suppression serait nécessaire, et ajoutez les observations que votre expérience vous suggérera. Le premier titre est L’Autorité royale, déjà rédigé dans mon portefeuille. Je désire que vous puissiez me remettre cela bien en règle pour dimanche prochain.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org



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31/01/1805 Règlement sur les uniformes des Inspecteurs aux revues, des commissaires des guerres et des officiers de Santé,

Milan le Département de la Guerre, le 31 janvier de l’an XIV.

TITRE I : INSPECTEURS AUX REVUES
Habit en drap écarlate avec la veste et la culotte blanches, habit boutonnant droit avec col droit et parements fermés  vert. Poches en travers à trois pointe, basques non retroussées.
Boutons en argent du règlement français du 1er vendémiaire an XII, 9 boutons devant, 3 aux manches, 3 aux poches, 2 aux plis et 2 au dos.
Chapeau avec poils de chèvre de 6 cm, ganse de cocarde et glands argent. Pas de plumes ou de plumet.
Bottes à l’écuyère pour la grande tenue et à la française à revers fauve pour la petite tenue. Eperons argent.
Petite tenue de drap couleur vert herbe clair avec col et doublure de la même couleur. Parements restant ouverts latéralement par 2 petits boutons et poches dans le splis. Culotte de la même couleur. Les inspecteurs et les sous-inspecteurs peuvent porter la veste et la culotte de coton blanc ou en nankin.
GRADES : le corps sera distingué par un galon argent et le porte de l’écharpe.
Le galon argent sera fait d’une branche de chêne et de palmettes enlacées. L’écharpe aura des franges en argent avec aux deux extrémités un galon de 3 cm de haut et une frange de filet de torsades de 8 cm.
INSPECTEUR EN CHEF :
Grand uniforme : galon simple sur le devant, les basques et les plis. Galon double au col, aux parements et aux poches.
Petite tenue et redingote : galon double au col et aux parements.
Echarpe rouge, dragone argent avec torsades.
INSPECTEUR :
Grand uniforme : un seul galon au col, aux parements et aux poches.
Petite tenue et redingote : un seul galon au col et aux parements.
Echarpe bleu-céleste.
SOUS-INSPECTEUR :
Grand uniforme : un seul galon au col, aux parements.
Petite tenue et redingote : un seul galon au col.
Echarpe verte.
Epée à la française avec fourreau noir, ceinturon en cuir noir de 6,2 cm et 2 filets argent. La plaque en argent avec le même emblème.
Selle à la française en drap écarlate avec galon argent de 6 cm pour l’inspecteur en chef, de 5,5 pour l’inspecteur et de 5 pour le sous-inspecteur.

TITRE II : COMMISSAIRES DES GUERRES

TITRE III : OFFICIERS DE SANTE
Grand uniforme en drap vert avec culotte et gilet vert (écarlate pour les chirurgiens) à 11 boutons. La doublure est également verte. Parements ronds avec 3 boutons, poches en travers à trois pointes et trois boutons, 9 boutons sur le devant, 1 à chaque flanc et 2 dans les plis de l’habit.
Chapeau avec cocarde tricolore, ganse de cocarde et floches en métal argent.
Bottes hautes.
Bouton en métal argent avec un serpent s’enroulant autour de trois piliers et autour les mots SANITA MILITARE.
Le col de 8 cm de haut sera en velours rouge ainsi que les parements pour les chirurgiens, en velours noir pour les médecins et en velours vert pour les pharmaciens.
Grades : galon en argent de feuilles de dictame entrelacées avec un serpent dont les larges contorsions courent sur toute la longueur du galon. La galon est en deux largeurs, une de 3.2 cm et une autre de 2 cm.
Petit uniforme : surtout vert à col renversé et poches dans les plis.
Les officiers de santé peuvent utiliser en été le nankin.
Epée à la française à fourreau noir, ceinturon noir avec plaque en métal blanc.
Directeur de Santé :
– Grand uniforme avec galon de 3.2 cm dans les plis, au dos, et devant. Double galon au col, parements et poches, le galon de 3.2 cm à l’extérieur et celui de 2 cm à l’intérieur. La veste a un galon de 2 cm.
– Petite tenue : double galon idem au col et parements.
– Dragonne or avec bouillons.
Officiers de santé supérieurs :
– Grand uniforme : un galon de 3.2 cm au col, aux parements et aux poches.
– Petite tenue : un galo de 3.2 cm au col et parements.
Médecins, chirurgiens et pharmaciens de 1ère classe :
– Grand uniforme : 9 boutonnières argent sur le devant, 2 boutonnières argent de chaque côté du col, 3 boutonnières argent à chaque parement et 3 boutonnières argent sur chaque poche.
– Petite tenue : 2 boutonnières argent de chaque côté du col et 3 sur chaque parement.
– Dragonne avec gland à franges argent.
Médecins, chirurgiens et pharmaciens de 2ème classe :
– Grand uniforme : 2 boutonnières argent de chaque côté du col, 3 boutonnières argent à chaque parement et 3 boutonnières argent sur chaque poche.
– Petite tenue : 2 boutonnières argent de chaque côté du col.
– Dragonne argent avec raie en soie de la couleur distinctive.
Médecins, chirurgiens et pharmaciens de 3ème classe :
– Grand uniforme : 2 boutonnières argent de chaque côté du col et 3 boutonnières argent à chaque parement.
– Petite tenue : 1 seule boutonnière argent de chaque côté du col.
– Dragonne argent avec 2 raies en soie de la couleur distinctive.
Elèves médecins et chirurgiens :
Portent uniquement la petite tenue avec parements vert du fond et col noir ou rouge.
Dragonne en laine ou en soie de la distinctive avec gland argent.
Selle à la française en drap vert avec galon argent de 4.5 cm pour les 1ère classe, 3.8 cm pour les 2ème classe, 3 cm pour les 3ème classe, 5 cm pour les officiers de santé supéreiurs et 5.5 cm pour le Directeur de santé militaire.



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01/02/1805 : Message du Palais des Tuileries au Sénat Conservateur

Sénateurs,
nous avons nommé notre beau-fils Eugène Beauharnais archichancelier d’État de l’Empire. De tous les actes de notre pouvoir, il n’en est aucun qui soit plus doux à notre coeur. Élevé par nos soins et sous nos yeux, depuis son enfance, il s’est rendu digne d’imiter, et, avec l’aide de Dieu, de surpasser un jour les exemples et les leçons que nous lui avons donnés. Quoique jeune encore, nous le considérons dès aujourd’hui, par l’expérience que nous en avons faite dans les plus grandes circonstances, comme un des soutiens de notre trône et un des plus habiles défenseurs de la patrie. Au milieu des sollicitudes et des amertumes inséparables du haut rang où nous sommes placé, notre cœur a eu besoin de trouver des affections douces dans la tendresse et la consolante amitié de cet enfant de notre adoption; consolation nécessaire sans doute à tous les hommes, mais plus éminemment à nous, dont tous les instants sont dévoués aux affaires des peuples. Notre bénédiction paternelle accompagnera ce jeune prince dans toute sa carrière, et, secondé par la Providence, il sera un jour digne de l’approbation de la postérité.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org



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01/02/1805 : Lettre du Palais des Tuileries au prince Eugène

Mon Cousin, je vous ai nommé prince et archichancelier d’État. Je ne puis rien ajouter aux sentiments exprimés dans le message que j’ai envoyé au Sénat à cette occasion et dont copie vous sera adressée. Vous y verrez une preuve de la tendre amitié que je vous porte, et l’espoir où je suis que vous continuerez dans la même direction à mettre à profit les exemples et les leçons que je vous ai donnés. Ce changement n’apporte aucun obstacle à votre carrière militaire.
Votre titre est : Le prince Eugène Beauharnais, archichancelier d’État vous recevrez celui d’Altesse Sérénissime. Vous n’êtes plus colonel général des chasseurs, vous restez général de brigade, commandant les chasseurs à cheval de ma Garde. Il n’y a rien de changé dans relations ordinaires, si ce n’est que vous signerez : Le prince Eugène.
Vous n’ajouterez votre titre d’archichancelier d’État que dans les affaires qui ressortent de votre dignité ou dans les affaires officielles.

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17/02/1805 : Lettre de Paris au maréchal Berthier

 

Donnez ordre au prince Eugène de diriger tout le corps de la Garde sous ses ordres sur Milan. Il laissera à Turin, stationnés à Stupinigi, un officier et 15 gendarmes d’élite, et un piquet de 60 chasseurs de la Garde à cheval. Prenez des mesures pour que tous les détachements de ma Garde soient convenablement logés à Milan, et dès leur arrivée ils feront le service de mon palais. Vous ferez connaître au prince Beauharnais que j’ai nommé Fontanelli gouverneur de Milan, et que je l’envoie à cet effet pour préparer tout ce qui est nécessaire. Mon intention est que le prince Eugène soit logé dans mon palais. Tout le service de ma garde sera fait, moitié par la garde italienne du président, et moitié par les troupes de la garde impériale …

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23/02/1805 : Lettre de La Malmaison, au maréchal Berthier

La légion italienne, qui est à l’île d’Elbe, est composée de trois bataillons et ne forme cependant que 1,500 hommes. 
Mon intention est qu’elle soit formée à deux bataillons. On choisira les meilleurs officiers; les autres seront supprimés, et les compagnies seront portées au complet du grand pied de guerre. …

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16/03/1805 : Lettre de La Malmaison, au citoyen Marescalchi, ministre des relations extérieures de la République italienne

Monsieur Marescalchi, je recevrai demain, à une heure, le vice-président, la Consulte et la députation de la République italienne en grand costume; je serai sur mon trône, entouré des mes grands officiers. Vous serez introduits par le grand maître des cérémonies. Le vice-président me fera un discours; après quoi, il me lire le procès-verbal; immédiatement après, il me le remettra. Je lui ferai alors une réponse, et ensuite vous vous retirerez, accompagné par le grand-maître des cérémonies. Un quart d’heure après, je ferai appeler dans mon cabinet la Consulte et le vice-président, pour tenir conseil. Vous aurez soin d’avoir avec vous une minute du statut, en italien et en français sur la même feuille, de manière qu’il n’y ait qu’à signer. Le lendemain, à deux heures après midi, je me rendrai au Sénat en grande pompe. Je mènerai dans mes voitures la Consulte, le vice-président et la députation. Je ferai connaître au Sénat les motifs du parti que j’ai pris. Je recevrai, immédiatement après, le serment du vice-président, de chaque membre de la Consulte et de la députation, individuellement. Vous aurez soin de rédiger une formule de serment; ce sera vous qui appellerez au serment.
Nous nous retirerons de la même manière; et, lundi au soir, on fera partir des courriers pour faire proclamer les statuts à Milan et dans toute la République italienne. Pour les détails de l’une et l’autre cérémonie, vous vous concerterez avec M. de Ségur. Si le vice-président ou un membre de la Consulte veut me haranguer au Sénat, il le pourra faire au moment de prêter le serment.

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17/03/1805 : Paris Réponse de l’Empereur à la députation chargée de lui offrir la Couronne d’Italie.

Depuis le moment où nous parûmes pour la première fois dans vos contrées, nous avons toujours eu la pensée de créer indépendante et libre la nation italienne : nous avons poursuivi ce grand projet au milieu des incertitudes des événements.
Nous formâmes d’abord les peuples de la rive droite du Pô en République cispadane, et ceux de la rive gauche en République transpadane. Depuis, de plus heureuses circonstances nous permirent de réunir ces États et d’en former la République cisalpine. Au milieu des soins de toute espèce qui nous occupaient alors, nos peuples d’Italie furent touchés de l’intérêt que nous portions à tout ce qui pouvait assurer leur prospérité et leur bonheur; et lorsque, quelques années après, nous apprîmes, aux bords du Nil, que notre ouvrage était renversé, nous fûmes sensible aux malheurs auxquels vous étiez en proie. Grâce à l’invincible courage de nos armées, nous parûmes dans Milan, lorsque nos peuples d’Italie nous croyaient encore sur les bords de la mer Rouge. Notre première volonté, encore tout couvert du sang et poussière des batailles, fut la réorganisation de la patrie italienne. Les Statuts de Lyon remirent la souveraineté entre les mains de la Consulte et des Collèges, où nous avions réuni les différents éléments qui constituent les nations. Vous crûtes alors nécessaire à vos intérêts que nous fussions chef de votre gouvernement; et aujourd’hui, persistant dans la même pensée, vous voulez que nous soyons le premier de vos rois. La séparation des couronnes de France et d’Italie, qui peut être utile pour assurer l’indépendance de vos descendants, serait, dans ce moment, funeste à votre existence et à votre tranquillité. Je la garderai, cette couronne, mais seulement tout le temps que vos intérêts l’exigeront; et je verrai avec plaisir arriver le moment où je pourrai la placer sur une plus jeune tête qui, animée de mon esprit, continuera mon ouvrage, et soit toujours prête à sacrifier sa personne et ses intérêts à la sûreté et au bonheur du peuple sur lequel la Providence, les constitutions du royaume et ma volonté l’auront appelé à régner.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org



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18/03/1805 : Paris Décret sur le Royaume d’Italie

NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions, Empereur des Français et Roi d’Italie, à tous ceux qui ces présentes verront, salut.

STATUT CONSTITUTIONNEL (Extrait des registres de la Consulte d’État, du jour 17 mars 1805.)

La Consulte d’État, vu le vœu unanime de la Consulte et de la députation réunies, du jour 15; Vu l’article 60 de la Constitution sur l’initiative constitutionnelle, Décrète

ARTICLE 1er. – L’Empereur des Français, Napoléon ler, est Roi d’Italie.
ART. 2. La couronne d’Italie est héréditaire dans sa descendance directe et légitime, soit naturelle, soit adoptive, de mâle en mâle, et à l’exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance, sans néanmoins que son droit d’adoption puisse s’étendre sur une autre personne qu’un citoyen de l’Empire français ou du Royaume d’Italie.
ART. 3. -Au moment où les armées étrangères auront évacué l’État de Naples, les îles Ioniennes et l’île de Malte, l’Empereur Napoléon transmettra la couronne héréditaire d’Italie à un de ses enfants légitimes mâles, soit naturel, soit adoptif.
ART. 4. – A dater de cette époque, la couronne d’Italie ne pourra plus être réunie à la couronne de France sur la même tête, et les successeurs de Napoléon ler dans le royaume d’Italie devront résider constamment sur le territoire de la République italienne.
ART. 5. – Dans le courant de la présente année, l’Empereur Napoléon, de l’avis de la Consulte d’État et des députations des collèges électoraux, donnera à la monarchie italienne des constitutions fondées sur les mêmes bases que celles de l’Empire français, et sur les mêmes principes que les lois qu’il a déjà données à l’Italie.
NAPOLÉON
MELZI, MARESCALCHI, CAPRARA, PARADISI, FENAROLI, COSTABILI, LUOSO, GUCCIARDI

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08/05/1805 Lettre de Pavie à Mr Aldini secrétaire d’Etat du royaume d’Italie
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Mon intention est que vous voyiez mon ministre secrétaire d’État Maret pour vous mettre au fait de la manière dont je travaille, et que vous raccordiez votre marche à celle que j’ai établie. Vous ne devez désormais ni signer ni sceller aucun acte qui n’émane de moi.
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Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org


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08/05/1805 Lettre de Pavie à Mr Melzi Grand Chancelier du Royaume d’Italie
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Monsieur le Grand Chancelier, mon intention est que vous fassiez connaître aux ministres que mon intention est de travailler et de correspondre directement avec eux. L’exercice de l’autorité que je vous avais conférée se trouve alors suspendu. Mon intention n’en est pas moins de prendre vos conseils dans les circonstances importantes, désirant même que, toutes les fois qu’il y aurait à votre connaissance quelque partie du service en souffrance, vous me la fassiez connaître directement.
Mon intention est de réunir, sous le titre de Conseil d’État, vous, les membres actuels de la Consulte, le ministère, autant que les affaires lui permettront de s’y trouver, et des membres du Corps législatif.
Il sera divisé en cinq sections : justice, intérieur, finances, guerre et marine, culte. Je désire que vous me présentiez, ce soir, un projet de décret sur cet objet, et la division entre les cinq sections.
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Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org


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10/05/1805 Décret de nomination des grands dignitaires du Royaume.
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– Grand Chancelier : MELZI ancien vice-président de la République italienne
– Grand Chambellan :  LITTA
– Grand Ecuyer : CAPRARA
– Grand Majordome : FENAROLI
– Grand Chambellan : CODRONCHI, archevêque de Ravennes.

Les titres de Grand Dignitaire (Grand Chancelier, Grand Chambellan, Grand Ecuyer et Grand Majordome) ont été créés par le 2ème statut constitutionnel du Royaume d’Italie en date du 29/03/1805.


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10/05/1805 Organisation du Gouvernement du Royaume d’Italie
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LES 6 MINISTERES ET LES 6 MINISTRES
– Ministère de l’Intérieur : FELICI
– Ministère de la Justice : LUOSI
– Ministère des Cultes : BOVARA
– Ministère des Finances : PRIMA
– Ministère du Trésor : VENERI
– Ministère de la Guerre et de la Marine : PINO

Intendant général des biens de la Couronne : comte Containi COSTABILI

Secrétaire d’Etat : ALDINI (réside à Paris)
Affaires étrangères Conseiller d’Etat : TESTA
MARESCALCHI (réside à Paris)

LES 6 DIRECTEURS GENERAUX
– Police :GUICCIARDI
– Cens et contributions indirectes : BARBO
– Instruction publique : MOSCATI
– Douanes : LAMBERGHENTI
– Ponts et chaussées :PARADISI
– Dette publique : PENSA

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27/05/1805 Lettre de Milan à Mr Cambacérès

Mon Cousin, le couronnement s’est fait hier avec pompe. L’église était très-belle. La cérémonie s’est passée aussi bien qu’à Paris, avec cette différence que le temps était superbe. En prenant la couronne de fer et la mettant sur ma tête, j’ai ajouté ces paroles : « Dieu me, la donne, malheur à qui y touche. » J’espère que ce sera une prophétie.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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27/05/1805 Lettre de Milan à Mr Fouché

Monsieur Fouché, le couronnement a eu lieu hier; j’ai été extrêmement satisfait du peuple de Milan. Il y a eu un très-beau feu d’artifice et de brillantes illuminations; celle du clocher de la cathédral était d’un très-bel effet. …

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02/06/1805 Lettre de Milan au général Lacuée

Il est ridicule de former une garde dans le royaume d’Italie à l’instar de celle impériale de France. Une vieille armé peut recruter une garde comme la garde impériale, et rend naturel le beau sort fait à de vieux soldats : c’est une récompense. D’ici à vingt ans, le royaume d’Italie n’aura pas de vieille armée. La manière dont cette garde devrait être organisée parait devoir être la suivante :
Quatre colonels généraux faisant le service près du roi comme capitaines, ayant 24,000 francs, et commandant chacun quatre compagnies.
Elles seraient composées, d’un capitaine ayant le rang de colonel, de 2 lieutenants ayant le rang de chef d’escadron, de 4 sergents ayant rang de capitaine, de 8 brigadiers ayant rang de lieutenant et de 60 gardes du roi à cheval.
D’un capitaine ayant le rang de colonel, 2 lieutenants ayant rang de chef de bataillon, 2 sergents ayant rang de capitaine, 4 caporaux ayant rang de lieutenant, et de 70 gardes à pied.
La compagnie de chaque colonel serait de 80 hommes.
Il faudrait fixer le payement de cette garde de manière qu’elle ne coûtât pas plus de 2 à 300,000 francs au trésor royal, casernement tout compris. Ce moyen serait facile à résoudre, s’il y avait moyen de prendre des gens très-riches. On suppose qu’on peut donner aux colonels 3,000 francs; aux lieutenants, 2,000; aux sergents, 1,000 francs et aux caporaux 500 francs, et s’arranger de manière que chaque garde ne coûte pas plus qu’un soldat ordinaire. A cet effet, on fixerait les conditions. On pourrait les traiter comme la Garde actuelle, et fixer ce que les parents devraient verser au trésor. Les vélites à pied en France payent 200 francs; ils ne remboursent point le trésor, et coûtent plus qu’une troupe ordinaire à cheval. Il faudrait qu’ils payassent davantage. D’un pays comme celui-ci, il ne serait pas difficile de trouver 240 hommes à 2 ou 300 francs et 320 à plus de 4 ou 500 francs. Je prie le conseiller Lacuée de tenir ces bases secrètes.
Ainsi, pour le reste de l’armée, voici à peu près comme je la voudrais former : 2 régiments de chasseurs, 9 (note de JPP ?… sans doute 2) de dragons, mais dont le 4e ne se formerait que dans trois ou quatre ans; 2 d’infanterie légère à 3 bataillons, qu’il faudrait tenir à peu près sur le complet de guerre, c’est-à-dire 6,000 hommes , vu que le principal ici est de former des soldats (le goût des armes ne peut revenir qu’en caserne); il faut appeler beaucoup, prendre en petit nombre. 4 régiments de ligne, 12,000 hommes; 1 régiment d’artillerie de 2 bataillons chaque bataillon de 5 compagnies, 1,0,00 hommes; 1 compagnie de pontonniers, 100 hommes; 1 de sapeurs, 100; 1 bataillon de pionniers, dont 1 compagnie de mineurs, 500 hommes; 1 bataillon du train de 6 compagnies, 600 hommes; 1 bataillon de garde-côtes, matelots, 4 compagnies formant 500 hommes. Il ne faudrait pas plus de 40 officiers d’artillerie, indépendamment de ceux de l’armée, et autant pour le génie et l’état-major général; ce qui, avec une Garde composée comme dessus, mettrait à même d’avoir en campagne 3 divisions, 2 régiments de cavalerie, 1 régiment d’artillerie, 1 bataillon de sapeurs, 2 bataillons d’infanterie et une 4e division de troupes étrangères, soit pour garder l’intérieur ou comme corps d’observation.
Une armée ainsi composée, et un peu bien organisée, serait dans le cas de garder Porto-Legnano, Anfo, Peschiera, Mantoue, et donner le temps à une armée amie d’arriver à son secours. On désirerait que cette troupe ne monte pas a 30,000 hommes; il semblerait quelle ne devrait pas coûter au delà de 25 millions de Milan. Il ne paraît pas que d’ici à six ans le royaume dût avoir une plus grande force militaire. Ce n’est que progressivement qu’on peut former une grosse armée, et, une fois bien constituée et organisée, il deviendrait facile de la doubler et d’avoir 8 régiments de cavalerie, 4 d’infanterie légère et 8 de ligne.
Telle qu’on la propose, elle serait la plus forte d’Italie, plus forte que le Pape, Naples, l’Étrurie réunis; dès ce moment, le pays pourrait parfaitement jouer son rôle.
Il paraîtrait que 3 généraux de division, 9 de brigade, 9 adjudants commandants, 21 officiers;
1 général de brigade d’artillerie, 2 colonels, indépendamment de ceux de l’armée, 4 chefs de bataillon idem, et une douzaine d’officiers;
1 chef de brigade du génie, 2 chefs de bataillon, 4 capitaines, 8 lieutenants, 12 sous-lieutenants,
Seraient suffisants.
1 commissaire ordonnateur, 6 commissaires des guerres et 4 adjoints.
Resterait à organiser les bureaux au même instar.
Je prie M. Lacuée de ne communiquer à personne ce projet, et de m’en remettre un projet particulier.

Il serait possible qu’il fût convenable d’établir à 4 bataillons, dès lors d’avoir 8 bataillons d’infanterie légère et 20 de ligne. Mais je pense que la préférence doit être donnée à 3 bataillons, tant pour rester dans votre organisation que pour former ensuite un plus grand nombre de corps et les porter à 4. En former de nouveaux, grand inconvénient.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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07/06/1805 Décret de Milan

Désirant donner au prince Eugène, notre beau-fils et chancelier d’État de notre empire de France, un témoignage d la confiance que nous mettons dans ses sentiments de fidélité à notre personne, et voulant pourvoir, pendant notre absence, au gouvernement de notre royaume d’Italie, nous l’avons nommé et institué, nommons et instituons par les présentes, Vice-Roi de notre-dit royaume; entendons, en conséquence, qu’il remplisse, conformément à nos décrets et instructions, les fonctions que nous lui avons attribuées, qu’il exerce toute l’autorité que nous lui avons déléguée, et qu’il jouisse des honneurs, rang , prérogatives que nous avions déterminés par lesdits décrets et instructions. En foi de quoi nous avons signé les présentes, visées par notre chancelier garde des sceaux, et contre-signées par notre conseiller secrétaire d’État.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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07/06/1805 Lettre de Milan au maréchal Berthier

Les troupes en Italie ont besoin d’une surveillance particulière. L’air y est d’ailleurs, assez malsain. Je désirerais former un camp de baraques, en carré, dans la plaine de Montechiaro. Ces baraques seraient faites en briques ou en bois, selon ce qui serait sain. Le camp serait composé de douze bataillons, deux généraux de brigade, quatre adjoints; tout le monde camperait, et toute l’armée, que je composerais de seize régiments, l’occuperait à tour de rôle chacun trois mois, hiver comme été. Par ce moyen on aurait des troupes exercées. On sait que le système de cantonnement ne réussit pas, que les manœuvres y sont mauvaises, et que le soldat d’ailleurs n’y prend pas cette habitude de servir qu’il prend dans le camp. Mais il serait naturel alors de lui donner la viande. Je désirerais savoir ce que coûterait un camp ainsi baraqué, la dépense que coûterait la fourniture de la viande et des vivres de campagne

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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07/06/1805 Décret de Milan sur les frontières du Royaume d’Italie avec l’Empire

Article ler – Le Pô jusqu’à l’embouchure du Tessin, de même que la Sesia jusqu’à son embouchure, serviront de limites entre le royaume d’Italie et l’empire français. Le lit de la Sesia, ainsi celui que celui du Pô dans cette partie, les îles, la pêche, les passages et ce qui tient à la navigation et à la police, resteront sous le domaine de l’empire français.
Article 2. -Les citoyens de l’un et l’autre État se conformeront aux lois et règlements sur les douanes.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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12/06/1805 Lettre de Brescia au prince Eugène

Mon Cousin, le mémoire sur l’instruction publique, ne me paraît pas assez soigné; on n’a pas assez expliqué ce que devait payer chaque élève; car, avec le peu de revenus qu’ont les maisons, tel qu’ils sont portés aux états, il est impossible qu’elles puissent entretenir ce nombre d’élèves gratis. Je joins des notes pour servir à la rédaction d’un projet de décret pour instituer l’université de Pavie qui a 100 ou 150,000 livres de rente, en école militaire, sur le même plan que celle de Fontainebleau. Il faudrait ajouter qu’il serait joint aux universités de Pavie et de Bologne une chaire militaire et des maîtres de dessin et de fortification. De cette chaire militaire ferait partie un maître de tactique, qui montrerait tout les mouvement des armes. L’école de Pavie formerait un bataillon; et dès la première année, ce bataillon serait composé de deux compagnies, composées d’un sergent-major, 4 sergents, 8 caporaux, 80 soldats; un chef de bataillon nommé par le gouverneur aurait police sur toute cette jeunesse. Le professeur de tactique ferait les fonctions d’un adjudant-major. Chaque élève arrivant à l’université serait enrôlé dans une compagnie. Il irait une fois par jour à l’exercice, de manière qu’il soit en un mois à l’école de bataillon. Les élèves s’exerceraient quatre heures tous les dimanches. Chaque élève qui sera nommé sera tenu d’avoir un habit d’uniforme national.
ANNEXE NOTE SUR L’ORGANISATION DE L’ÉCOLE MILITAIRE DE PAVIE.
1° Le collège national de Pavie sera organisé en école royale militaire.
2° Il sera disposé de manière à pouvoir contenir 200 jeunes gens.
3° La discipline et l’instruction seront les mêmes qu’à l’école militaire de Fontainebleau, hormis qu’au lieu de deux bataillons il n’y aura que deux compagnies, commandées chacune par un capitaine, un lieutenant et deux sous-lieutenants, sachant parfaitement les manœuvres, chargés de leur apprendre la discipline militaire. Ils vivront par chambrée, à la gamelle.
4° Les élèves seront reçus depuis seize ans jusqu’à vingt.
5° Tous les biens appartenant à ce collège seront administrés par un conseil d’administration. Le produit de ces biens devra servir à l’entretien de 60 élèves, ainsi qu’aux dépenses des professeurs.
6° Les pensionnaires n’y seront admis qu’avec l’approbation du Roi. Ils devront être âgés d’au moins seize ans, être bien constitués, et payer 1,200 livres de Milan de pension.
7° Leur service leur comptera comme soldats à l’école, et, après deux ans d’éducation, ils entreront dans l’armée avec le grade de sous-lieutenant.
8° Les places à la nomination du Gouvernement seront données aux jeunes gens de l’université de Pavie qui montreraient le plus de dispositions, qui auraient plus de seize ans et désireraient entrer dans la carrière militaire.
NOTES. En faisant des chambrées, on tiendra 400 hommes. Ce collège a, dit-on, 100,000 francs de revenu; il doit en avoir davantage; on pourra d’ailleurs vendre tout ce qui est mauvais revenu, et le placer sur le Monte-Napoleime. Avoir soin de faire faire une liste d’un millier de livres français, comme les Hommes illustres; tout ce qui peut franciser les élèves. On y mettra un professeur de langue française; il faut transporter tous les droits patronaux de ce collège sur un autre.
Comme Brera est une espèce d’université, je désirerais qu’on l’organisât militairement.
On pourrait établir une troisième école militaire à Milan , en y adaptant les revenus des deux collèges nationaux; on y faisait des prêtres; maintenant il faut des militaires.
S’occuper sur-le-champ des deux universités. Il faut que dans quatre mois les projets pour Brera, Vérone, Reggio, Brescia, etc. soient faits.
Il faut aussi cette distinction, que 400 de ces jeunes gens sortiront comme officiers, et que les huit ou dix autres collèges seraient organisés de manière qu’on en sortirait sergent ou fourrier; dès lors, s’il faut 1,000 ou 1,200 livres pour les premiers, il faut tâcher qu’il faille que moitié pour les seconds. La lecture, la langue française, un peu d’arithmétique, les premières idées de la géométrie et tout les manœuvres de d’artillerie et de d’infanterie sont suffisantes pour ces derniers.
Il faut dire qu’ils seront citoyens du royaume, afin qu’on n’apprenne pas l’exercice aux étrangers;
Que ceux qui seront sur les matricules de ces bataillons, s’ils entraient dans la carrière militaire, leur service leur compterait du jour où ils seront inscrits sur les matricules, pourvu qu’ils aient seize ans;
Que le directeur de l’université nommera les sergents et caporaux; que le gouverneur de l’école militaire signera leur nomination; qu’il s’assurera avant qu’ils savent bien l’exercice et l’école de peloton;
Que les estropiés et ceux de mauvaise santé ou n’ayant pas quatre pieds onze pouces ne seront pas admis dans ledit bataillon.
Mettre un titre pour organiser la salle d’armes; le ministre de guerre nommera un armurier pour les entretenir.
La salle d’armes sera dans l’école royale militaire; les élèves s’y rendront pour les prendre et les y rapporteront après l’exercice.
Organiser à Bologne une école militaire semblable à celle de Pavie et ajouter tous les fonds de l’instruction qui sont à Bologne ou même à Ferrare, Modène, de manière à donner 100,000 francs de rente à ce collège, et, enfin, faire un seul projet de décret de ces deux.
Pour le projet de décret sur l’école militaire de Pavie, les élèves les plus instruits, comme il résultera de l’examen qui en sera fait, pourront, après une ou deux années qu’ils auront passées à l’école être envoyés à l’école de Modène, pour remplir les places vacantes de cette école.
Ajouter l’article : qu’ils mangeront à la gamelle, seront en chambrées et iront prendre leur dîner à la cuisine.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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12/06/1805 Lettre de Brescia au prince Eugène

Mon Cousin, je ne veux plus de train d’artillerie dans ma Garde; renvoyez à Paris ce qui est à Milan, pour être incorporé dans le reste du bataillon. Faites-moi connaître si les 60 hommes de ma Garde qui sont à réformer ont subi leur réforme. Faites-le faire sur-le-champ, si cela n’est pas fait. Il y a à Milan plus de chevaux que ma Garde n’a d’hommes; faites passer ce qu’il y a d’excédant dans la gendarmerie ou dans les corps de l’armée qui en auraient besoin. Il restera à Milan trente-six musiciens; une partie peut être conservée, mais une partie aussi peut être réformée.
Le général Clarke vous aura fait le budget de la guerre. Si M. Lacuée est encore à Milan, il peut vous aider aussi pour me faire un travail sur cette partie, qui a besoin de grandes réformes.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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13/06/1805 Milan 11 heures du matin (extrait) Eugène à Napoléon

(En réponse à une lettre de l’Empereur datée de du 12 juin 1805)
1) Connaissant les intentions de Votre Majesté, j’avais déjà fait réformer le train d’artillerie (1), on avait déjà choisi les meilleurs sujets et les plus anciens soldats pour les mettre, soit dans les chasseurs à cheval, soit dans ceux à pied.
2) La réforme des hommes hors de service est déjà faite, et les chevaux sont déjà placés dans les régiments; j’en avais donné l’ordre dés la veille du départ de Votre Majesté (2), et il a été exécuté de suite.
Notes de Jean-Pierre Perconte
(1) de la Garde du Président puis Garde Royale
(2) Napoléon a quitté Milan le 10 juin 1805

Sources : Mémoires et correspondance politique et militaire du Prince Eugène A. Du Casse 1858

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14/06/1805 Lettre du Château de Montirone au prince Eugène

Mon Cousin, mon intention est de réunir les deux bataillons de ma Garde à pied en un seul régiment, ayant un seul conseil d’administration; de les composer de six compagnies, de 75 hommes chaque, ce qui fera 900 hommes à pied; tous ceux qui existent auront droit d’y rester; de former une compagnie d’artillerie légère à 60 hommes; et enfin de réunir les deux escadrons de cavalerie en un seul escadron, composé de deux compagnies, chacune de 160 hommes, dont 100 seulement à cheval. Ma Garde ainsi composée me coûterait environ 1,500,000 francs. Je maintiendrai cette garde comme devant servir de passage à ma Garde définitive, que j’aurais le projet d’organiser de la manière suivante :
1° Quatre compagnies de gardes d’honneur, savoir : une de Milan, une de Bologne, une de Brescia, et une dernière qui aurai le nom de Romagne. Elles seraient composées de 60 hommes à cheval et de 40 à pied, et formées de jeunes gens de l’âge de la conscription et même de deux ans au-dessous, pris dans les famille riches, de manière qu’ils pussent verser 400 livres de Milan dans la caisse de la compagnie et avoir en outre une pension de 600 livres
2° Deux bataillons à pied composés chacun de huit compagnies de 75 hommes chacune et formées par des jeunes gens de la conscription, qui verseraient dans la caisse de ce corps 200 livres de Milan.
3° Une compagnie d’artillerie de 60 hommes à cheval, et une compagnie de gendarmerie de pareil nombre.
Il faudrait voir ce qu’on penserait à Milan de cette organisation et des dispositions des jeunes gens, et si l’on ne pourrait pas les obliger à y entrer en n’admettant pas de remplacement pour la conscription dans la ligne. Cette garde ainsi organisée, on laisserait insensiblement dépérir la première. Mon but, en appelant ainsi les jeunes gens des principales familles, est de faire une révolution dans les mœurs. On donnerait des maîtres pour l’éducation de cette jeunesse. Les soldats de la Garde auraient le privilège d’entrer au bout de deux ans dans les corps, comme sous-lieutenants pour les gardes d’honneur, et sergents pour la garde à pied. Cette garde organisée, on aurait ainsi organisé la nation.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.or
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15/06/1805 Milan Eugène à Napoléon (extrait)

En réponse à une lettre de l’Empereur datée de du 14 juin 1805

…Je demanderai à Votre Majesté s’il faut de suite organiser la garde royale d’après le projet que j’ai reçu ce matin, et alors il y aurait beaucoup d’officiers, sous-officiers et soldats à réformer, car il y a déjà seize compagnies d’infanterie et quatre de cavalerie. Je vais cependant mettre ce projet sur le papier, portant en observation tout ce qui se trouverait actuellement excédant, et j’aurai l’honneur de l’adresser à Votre Majesté….

Sources : Mémoires et correspondance politique et militaire du Prince Eugène A. Du Casse 1858

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19/06/1805 Lettre de Mantoue, au prince Eugène
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Mon Cousin, je vous envoie un décret pour l’armement des places du royaume. Si ce que je demande par ce décret peut m’être remis à Plaisance, ce serait un grand bien. Il y a de l’anarchie et de la confusion dans l’artillerie et dans le génie; il faut y mettre de l’ordre. L’artillerie qui est dans les places d’Italie appartient au royaume d’Italie; les dépenses qui s’y feront sont à ses frais; ainsi, tout est facile à simplifier. Il faut que, tous les mois, on me remette un état, pareil à celui qu’on me remet en France, de toutes les bouches à feu, armes portatives et approvisionnements de guerre que j’ai dans toutes les places.
Vous verrez, par deux autres décrets que je vous envoie, que je veux établir une ligne télégraphique à Mantoue et une à Milan, qui sera d’une grande utilité pour transmettre promptement des ordres sur l’Adige. Recommandez à celui qui sera chargé de l’exécution de placer le plus loin possible de Mantoue la première station de cette ligne, afin que, cette place étant assiégée, la correspondance ne soit pas interceptée. Les projets du canal de Brescia et des travaux du port de Volano et du Reno peuvent être publiés. Donnez l’ordre au ministre de l’intérieur de nommer des ingénieurs pour la confection de ces projets.
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Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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19/06/1805 Eugène à Napoléon (extrait)

…J’ai monté à cheval cinq heures pour visiter quelques casernes, qui vont être occupées par ce qui reste de la garde royale et de la garde impériale. Une partie des troupes qui sont destinées à tenir garnison à Milan arrivent demain, et l’autre partie les jours suivants.Milan va être un peu gênée de toutes ces troupes, car, même pendant, qu’on va arranger le casernement du 1er de hussards, j’ai été obligé de l’envoyer à Vigevano, qui n’est que d’une journée distant de Milan. Demain, je fais partir aussi les sapeurs, dont Votre Majesté n’a point parlé, pour Novare. Il y aura à Pavie, l’artillerie, les ouvriers d’artillerie et les pontonniers.Si Votre Majesté y consentait, on pourrait envoyer à Mantoue les sapeurs et les mineurs : il est plus simple qu’ils soient, de préférence à toute autre troupe, employés à des travaux de fortification… Au reste à Plaisance, je prendrai des ordres définitifs de Votre Majesté, car il y a mille petits détails à soumettre à votre décision :
1) pour le parc d’artillerie qui est à Plaisance,s’il doit être à Pavie sous la direction immédiate de l’artillerie italienne ?
2) quels sont les commandements de places que Votre Majesté accordera à des officiers français ?, il en existe déjà dans les trois quarts des places.
3) de quels travaux seront chargés les officiers du génie italien ? etc….

J’ai l’honneur d’adresser à Votre Majesté une organisation pour la garde royale d’après les idées que j’en ai reçues. Votre Majesté verra dans une table ce qui existe actuellement, ce qui existerait en adoptant la nouvelle organisation, et enfin dans ce dernier cas, ce qu’il y aurait à réformer…

Sources : Mémoires et correspondance politique et militaire du Prince Eugène A. Du Casse 1858

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20/06/1805 Lettre de Mantoue, au prince Eugène

Mon Cousin, il est nécessaire de faire rédiger la loi sur la conscription. Il faut qu’elle soit, comme celle de France, divisée en armée de réserve et en armée active, et que différents corps soient chargés du recrutement dans les départements. Je pense que 5,000 hommes pour l’armée de réserve et 5,000 hommes pour l’armée active sont suffisants pour l’année 1805. Il faudrait faire mettre à la disposition du Gouvernement la conscription de l’année 1806, avec la condition qu’elle ne pourrait être appelée dans le cours de la présente année; mais on pourrait appeler 5,000 hommes vers le mois de février. Il ne sera permis de se faire remplacer qu’autant que les compagnies de gardes d’honneur et de la garde royale seront complètes.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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20/06/1805 Lettre de Mantoue, au prince Eugène

Mon Cousin, je vous envoie mon décret sur la formation de la garde royale; vous pouvez le faire imprimer et publier. Le ministre de la guerre ordonnera que ceux qui voudraient y entrer se fassent inscrire chez le préfet de leur département. En même temps vous me présenterez quatre commandants pour le corps et douze capitaines pour les vélites, en vous étudiant à choisir des hommes ayant de la fortune, de la popularité et de l’influence. Vous enverrez à Paris ce qui est nécessaire pour compléter la garde de ligne; à mon arrivée, je l’organiserai moi-même. Quant au reste, vous enverrez de la gendarmerie, et vous ferez ce que disposera le ministre de la guerre. Il me semble que M. Martinengo, qui a servi, qui de tout temps a été attaché, et qui vient de commander la garde d’honneur de Brescia, pourrait commander la compagnie de Brescia. Vous ferez le règlement pour les masses et le casernement; vous en ferez faire la revue, et vous me ferez connaître ce que cela coûtera. Vous réglerez aussi les uniformes; les gardes d’honneur auront le plus riche, ensuite les vélites. Vous ferez un règlement pour le service : vous êtes en état de le faire mieux qu’un autre. Vous réglerez le service dans le palais et pour les escortes, en donnant le premier poste aux gardes d’honneur, le second aux vélites et le troisième aux gardes de ligne. Si les inscriptions volontaires ne sont pas suffisantes, on pourrait revenir sur les remplacements de la conscription de 1804; ce qui va venir des conscriptions de 1805 et 1806 compléterait seulement les compagnies.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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20/06/1805 Décret sur l’organisation de la Garde royale

TITRE I : Dispositions générales
Article I : la Garde royale sera composée de :
1 corps de Gardes d’Honneur
1 corps de Vélites
1 corps de Garde de ligne.
TITRE II : Des Gardes d’Honneur
Article 2 : il sera formé dans notre Royaume d’Italie, 4 compagnies de Gardes d’Honneur qui porteront les noms suivants :
– 1ère Cie de Milan
– 2ème Cie de Bologne
– 3èmc Cie de Brescia
– 4ème Cie de la Romagne
Article 3 : chaque compagnie sera composée de 100 hommes dont 60 à cheval et 40 à pied.
Article 4 : ces compagnies seront formées des frères,fils, pefit-fils, neveux et petit-neveux et cousins des membres des trois collèges et des jeunes gens de la conscription,fils ou neveux des plus imposés des départements.
Article 5 : La compagnie de Milan sera composée des jeunes gens des départements de l’OLONA,de l’AGOGNA,du LARIO et de l’ADDA. La compagnie de Bologne sera composée des jeunes gens des départements du RENO, du CROSTOLO, du PANARO et du MINCIO. La compagnie de Brescia sera farmée des jeunes gens des départements du SERIO, de l’ALTO PO, de la MELLA et de l’ADIGE. La conpagnie de la Romagne des jeunes gens des départements du RUBICONE et du BASSO PO.
Article 6 : Jusqu’à ce ces compagnies soient au complet,aucun frère,fils, petit-fils,neveu, petit-neveu ou cousin des membres des trois collèges ou fils ou neveu des plus imposés des départements qui les uns ou les autres se trouveraient de la conscription ne seront admis à se faire remplacer.
Article 7 : Ces compagnies feront le service auprès de la personne du Roi.
Article 8 : Deux ans de service dans ces compagnies donneront le grade de sous-lieutenant.
Article 9 : Tous ceux qui y seront admis devront avoir un revenu de 1200 livres de Milan ou de leurs biens propres ou en une pension assurée par leurs parents, tous les trimestres à la caisse de la compagnie et seront soldés aux gardes tous les mois à raison de 100 livres par mois.
Article 10 : Il sera fourni aux gardes à cheval, un cheval harnaché et des rations pour la nourriture du cheval. Les hommes tant à pied qu’à cheval recevront pour la nourriture et les vêtements un prêt de 30 livres par mois. L’armement et les casernements seront fournis par les magasins royaux.
TITRE III : Des Vélites Royaux
Article 11 : Il sera formé 12 compagnies de Gardes Vélites composant 3 bataillons de 4 compagnies.
Article 12 : Les bataillons de Vélites royaux feront le service auprès de la personne du Roi; pendant la paix ils seront employés à la garde des palais et pendant la guerre à la défense de sa personne.
Article 13 : Chaque département fournira une compagnie à l’exception du CROSTOLO qui sera à cet effet réuni au PANARO et de l’ADDA qui sera reuni au LARIO.
Article 14 : Les compagnies de l’OLONA, de l’AGOGNA, du LARIO et de l’ALTO PO formeront le Premier Bataillon,les conpagnies du PANARO, du BASSO PO, du RENO et du RUBICONE le Deuxième Bataillon; les compagnies du SERIO, de la MELLA, de l’ADIGE et du MINCIO le Troisième Bataillon.
Article 15 : Chaque compgnie sera composée de 100 hommes dont 3 officiers, 4 sergents et 8 caporaux.
Article 16 : Les masses de boulangerie, d’habillemcnt, de chauffage et autres seront les mêmes que celles de la Garde royale de ligne à pied. La solde sera de 10 sols de Milan par jour.
Article 17 : Les parents de chaque Vélite leur assureront annuellement une somme de 200 livres de Milan qui sera versée dans les caisse du corp. Cette somme sera distribuée aux vélites par portions de 5 jours en 5 jours en forme de supplément de prêt.
Article 18 : Le remplacement pour la conscription ne sera permis dnas les départements que lorsque les compagnies de Vélites de ces départements seront complètes.
Article 19 : Après deux ans de service les Vélites royaux auront le rang de sergent, ils en porteront la distinction et pourront entrer dans
ce grade dans les troupes de la ligne.
TITRE IV : Des Gardes de la Ligne
Article 20 : Les Gardes de la Ligne seront composées de :
– un escadron de 4 compagnies de dragons. Chaque compagnie sera de 100 hommes dont 60 à cheval et 40 à pied. Le corps sera commandé par un colonel.
– un régiment d’infanterie de 2 bataillons, le premier de 5 compagnies de grenadiers et le deuxième de 5 compagnies de chasseurs. Chaque compagnie sera de 100 hommes.
– une compagnie d’artillerie légère. Cette compagnie sera de 64 hommes.
Les Gardes de la ligne n’auront qu’un seul Conseil d’administration.
Article 21 : Tous les individus existants dans la Garde royale actuelle y conserveront leur grade et leur droit.
Article 22 : Le corps de la Garde de la ligne sera désormais recruté parmi les hommes des corps de la Ligne qui auront 5 ans de service et qui se seront distingués par leur tenue, leur conduite et leur bravoure
Article 23 : Excécution…

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21/06/1805 de Bologne

Mon Cousin, je reçois votre lettre du 20 juin. Je ne vous ai point parlé des sapeurs, parce que j’ai pensé que ces troupes étaient à disposition du génie pour les travaux. Dirigez les uns sans délais Mantoue, et faites écrire par le ministre de la guerre au général Chasseloup d’envoyer à Legnago, à Peschiera et à la Rocca d’Anfo la partie qui est nécessaire.
En mettant à Milan deux régiments d’infanterie et trois de cavalerie, j’ai eu pour but que vous puissiez veiller directement à l’instruction. C’est ce dont vous devez vous occuper sérieusement parce que cela vous conciliera l’attachement de la jeunesse italienne et, lorsque vous aurez quatre ou cinq régiments bien instruits, vous aurez un bon fond d’armée. Je pense que vous pourriez très-bien aller à la parade tous les jours, et le matin, à une heure fixe, aller voir exercer les recrues. L’armée russe n’a été organisée par l’empereur Paul, et les troupes prussiennes par le grand électeur, que parce qu’ils s’occupaient ainsi eux-mêmes des détails. Cela est moins nécessaire en France, où, depuis un temps immémorial, il y a un fond d’armée considérable. Vous, et vous seul, pouvez former troupes : je ne crois pas qu’il y ait de général italien qui le sache. Quand ils verront que vous vous en occupez, ils s’y mettront aussi par crainte de disgrâce; et, en effet, il faudra mettre de côté ceux qui n’y entendent rien.
Envoyez toute l’artillerie à Pavie, afin que dans cette place soit concentrée toute l’artillerie italienne. Mon intention est de réduire les pontonniers à une seule compagnie, et, dès ce moment, vous pourriez ordonner au ministre de la guerre de procéder à cette réforme.
Je ne vois pas d’inconvénient à ne donner aucun supplément de solde à Milan. Cela ne se fait à Paris que depuis peu de temps, si je ne l’ai point réformé, c’est que le service du soldat est tel qu’il n’a que trois nuits de libres. Je vous ai écrit pour les conscrits; il faut une loi sur cet objet. Je vous ai envoyé un décret pour ma Garde; il est rédigé d’une manière toute différente. Vous verrez facilement que mon but est d’attirer dans l’état militaire toute la jeunesse.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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22/06/1805 Lettre de Bologne au maréchal Berthier

Mon intention est que la fonderie de Pavie, l’arsenal de construction de Mantoue et tous les travaux soldés par les finances d’Italie, soient sous les ordres du vice-roi et sous la direction d’officiers italiens, sans que les officiers français aient à s’en mêler; si l’assistance de quelques officiers français est nécessaire pour les diriger, le vice-roi vous en fera la demande, et vous les mettrez à sa disposition. Je désire également que tous les ouvriers d’artillerie français soient réunis à l’arsenal de Plaisance, pour y pousser avec activité les travaux nécessaires à la confection de l’équipage de campagne français; si cependant des ouvriers français sont nécessaires, qu’ils n’y soient employés que jusqu’en brumaire, époque où les ouvriers italiens devront suffir.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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25/06/1805 Lettre de Bologne au Prince Eugène

Mon Cousin, je vous envoie le décret sur la conscription. Il n’y est pas rappelé que les dispositions de la loi de 1802 sont maintenues, parce que cela est de droit, qu’une loi a son effet naturel tant qu’elle n’est pas rapportée, et que, quand on revient sur ces choses-là, cela finit par mettre du désordre dans l’administration. Il n’est pas dit, par la même raison, que les départements qui n’ont pas fourni leur contingent de la conscription de 1802 à 1803 doivent le fournir, parce que cela est de droit.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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25/06/1805 Lettre de Bologne au Prince Eugène

Mon Cousin, mon intention est de faire accompagner le prince de Lucques par Parme, Plaisance, jusqu’à Lucques, par quatre détachements des gardes d’honneur des principales villes du royaume, de 5 hommes chacun, et par 1,00 hommes à cheval de ma garde impériale. Le commandant de la garde à cheval de la garde d’honneur de Milan commandera les quatre détachements. Les gardes d’honneur de Pavie, de Lodi et de Como, s’il y en a une à Como, formeront un détachement de 25 hommes à cheval. M. Ercolani commandera la garde de Bologne; son détachement sera composé de celles de Bologne, Cesena, Ferrare, Forli. M. Martinengo commandera le détachement de la garde de Brescia, qui sera composé de celles de Brescia et de Vérone. Le commandant de la garde d’honneur de Modène commandera le détachement composé de celles de Modène, Reggio et Crémone. Les quatre détachements formeront en tout 100 hommes. Vous ferez prévenir que tout soit ordonné pour la réunion. Les chevaux seront nourris en route par étapes. Les commandants des quatre détachements jouiront des indemnités et des étapes de colonel; les maréchaux des logis, de celles de capitaine; et les gardes, de celles de sous-lieutenant. Chargez le ministre de la guerre Pino de cette organisation, afin que tout soit prêt dans les vingt-quatre heures. Les gardes d’honneur seront prévenus qu’ils sont destinés à accompagner le prince et la princesse de Lucques, qu’ils resteront quinze jours à Lucques, et ensuite retourneront chez eux. Vous leur ferez connaître quelle est la marque de confiance que je leur donne, en les admettant à accompagner une princesse de mon sang et un prince qui arrive à la souveraineté d’un pays allié du royaume d’ Italie.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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28/06/1805 Décret de nomination des commandants des compagnies de Gardes d’honneur

Nomination des commandants des compagnies de Gardes d’Honneur
– Milan Battaglia
– Brescia Martinenga
– Bologne Ercolani

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28/06/1805 Décret sur l’organisation de l’administration des douanes

Article 1 :
1 Directeur général conseiller d’Etat
3 administrateurs :
– départements à la gauche du Pô
– départements à la droite du Pô
– un pour les graines pour tout le Royaume
1 secrétaire général
1 réviseur (Revisore) général
1 comptable (Ragionato)
1 chargé de la balance des importations et des exportations…

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28/06/1805 Décret sur l’organisation de l’administration des Postes

Article 1 :
1 Directeur général
1 inspecteur général vice-directeur
1 secrétaire général
2 inspecteurs
1 comptable (Ragionato)
1 caissier
Article 2 : dans chaque chef-lieu de département, un Directeur de la Poste et des postillons (cavalli)…
Article 4 : auprès de chaque directeur est placé un controleur.

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29/06/1805 Décret sur les uniformes de la Garde Royale d’Italie

Art 1 : Gardes d’honneur
– Milan : habit à la française rouge à revers, col, parements et retroussis gros bleu. Boutonnières en argent. Aiguilettes et trèfles en argent.
Culotte et veste blanches. Sabre de dragon et bottes à la cavalière. Chapeau bordé en argent.
Mousqueton et giberne à fourniment en galon argent. Selle de veau laqué blanc, housse et chaperons gros bleu à galon argent.
– Brescia : bleu à distinctive cramoisie. Housse et chaperons cramoisis et galon argent.
– Bologne : blanc à distinctive gros bleu. Housse et chaperons gros bleu à galon argent.
– Romagnes : vert à distinctive écarlate. Housse et chaperons écarlates à galon argent.
Art 2 : Vélites royaux
Habit blanc avec col et revers verts. Epaulettes rouges. Bonnet de grenadiers. Fourniment complet.
Culotte et veste blanches. Guêtres noires.

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03/07/1805 Lettre de Gênes au prince Eugène

Mon Cousin, je vous autorise à faire payer les 100 louis qui ont été dépensés en France pour mon couronnement. Il n’y a aucun doute que les grands officiers de la couronne aient droit au traitement de consulteurs; ainsi les grands officiers ont :
1° Les commanderies, dont j’ai ordonné par un décret que le revenu serait payé par l’économat;
2° Le traitement du palais;
3° Le traitement des consulteurs.
Les officiers doivent toujours être à la parade en grand uniforme; je ne puis regarder cela comme une dépense bien chère. Je vous envoie le décret signé par M. Martinengo. Je vous envoie la lettre de M. Melzi; vous verrez qu’il y a eu du tripotage. Dans le fait il était difficile de penser que Melzi, qui a de l’esprit et de la tenue, pût se comporter si mal. C’est une raison de plus qui prouve combien il faut être en garde dans ce pays-là.
Les dragons ne peuvent pas prendre le nom de Joséphine; il est plus convenable qu’ils portent le nom de dragons de la Reine; je vous envoie le décret. Il y aurait du ridicule à faire porter à des militaires des noms de femmes.
Je vous envoie le projet de décret sur l’uniforme; j’approuve que l’habit soit blanc, mais il faut conserver dans les collets et revers les trois couleurs nationales. –

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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03/07/1805 Décret de Gênes sur les Dragons de la Reine

Le premier régiment de Hussards est transformé en régiment de dragons et prend le nom de Dragoni della Regina (Dragons de la Reine), cette transformation se fera successivement et à mesure des remplacements.

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03/07/1805 Décret de Gênes sur les Chasseurs à cheval

Le régiment de chasseurs à cheval prendra le nom de Chasseurs Royal Italien.

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05/07/1805 Lettre de Gênes au maréchal Berthier

La situation de l’artillerie en Italie est alarmante; qu’on me propose un rapport sur cet objet, sur ce qu’il faut espérer des ordres donnés, sur la marche du travail, et sur ce que j’ai à espérer pour chaque année. La place de Gènes a une grande quantité, de bronze mauvais, une grande quantité de boulets la plupart hors de calibre, et presque point d’affûts. Toutes les places d’Italie sont sans affûts, même l’équipage de campagne. Tous les équipages de siège pour Alexandrie et autres places sont encore sans affûts. Je désirerais que Gassendi me fit trois états qui me fassent connaître d’après les ordres qui ont été donnés : 1° la force des équipages de campagne et de siège que j’ai prescrits; 2° ce qui existe actuellement; ce qui existait au 1er prairial et dans quel endroit; ce qui existerait au 1ervendémiaire, an XIV, an XV et an XVI, en me faisant connaître la progression des travaux, soit à l’arsenal et fonderie de Turin, soit de Plaisance, soit de Gênes. Vous me ferez particulièrement un état pour l’armement des places et citadelles de Fenestrelle, Gavi, Alexandrie, et Savone. Il ne faut point se dissimuler, Gassendi doit bien le savoir que c’est une mauvaise artillerie. Ce qui nuit au corps de l’artillerie, c’est lorsque au lieu de boulets de calibre il y a des boulets d’un calibre plus bas; cela ne peut produire aucun bon résultat. Je désire donc n’avoir en Italie dans toutes mes place que des pièces de calibre français de 24, 18, 12, 6 et 3; des mortiers de 8 pouces, de 12 pouces et de 6 pouces, et que toutes les pièces soient approvisionnées avec des boulets neufs, juste de bon calibre. J’ai donné le même ordre pour Peschiera, Legnago, Mantoue et la Rocca d’Anfo. On se servira ici de la fonderie de Pavie. …

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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05/07/1805 Lettre de Gênes au Prince Eugène

Mon Cousin, votre décret sur l’uniforme me parait convenable. .. (note JPP doit concerner le décret du 6 juillet 1805 qui est donné ensuite)

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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06/07/1805 Décret VR de Milan sur l’uniforme des troupes de ligne du Royaume d’Italie

… l’uniforme des troupe de ligne du Royaume d’Italie est réglé comme suit :

L’INFANTERIE DE LIGNE : un habit blanc…

L’INFANTERIE LEGERE aura un habit gris de fer :

Régiment              1er léger                                   2ème léger

Habit                     Gris de fer                                 Gris de fer
Veste                     Ecarlate                                    Ecarlate
Culotte                   Gris de fer                                Gris de fer
Col                         Ecarlate à passepoil vert          Vert à passepoil écarlate
Parements             Vert à passepoil blanc              Ecarlate à passepoil vert
Boutons                 Blanc avec numéro 1                Blanc avec numéro 2

LE REGIMENT DE DRAGONS DELLA REGINA : habit vert à distinctive rose

(…) le présent décret ne sera exécuté que progressivement et à mesure des remplacements.

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07/07/1805 Décret sur l’organisation des Ecoles militaires à créer à Pavie et Bologne

Article 1 : il sera organisée une école militaire royale à Pavie et à Bologne.
Article 2 : l’école de Bologne sera organisée 6 mois après celle de Pavie…
Article 6 : les élèves seront considérés en service militaire.
Article 7 : les limites d’âge seront de 17 minimum et 20 ans maximum. Les élèves passeront ensuite à l’armée avec le grade de sous-lieutenant.
Article 8 : les meilleurs éléments pourront après 2 ou 3 ans passer à l’Ecole de l’Artillerie et du Génie de Modène…
Article 17 : il y aura un Gouverneur qui sera un officier de l’Etat-major.
Article 18 : il aura sous ses ordres : 1 directeur commandant en second de l’école, 1 capitaine et 2 adjudants sous-officiers, 1 officier du Génie et 1 sous-officier, 1 professeur d’Histoire-géographie, 1 professeur de dessin, cartographie et fortifications, 1 professeur de mathématiques appliquées, 1 professeur de langue française, 2 professeurs de gymnastique militaire et armes à feu, 1 maître d’administration militaire, 1 bibliothécaire qui sera également professeur de Belles lettres.
Article 19 : les élèves seront organisés en 2 compagnies. Chaque compagnie devra compter : 1 sergent-major, 4 sergents, 8 caporaux…
Article 26 : au début, il y aura 80 élèves en pleine gratuité (Gratuiti) par école, ce chiffre passera ensuite à 150 par école…
Article 31 : chaque compagnie aura un tambour qui ne sera pas un élève. Il y aura également un Tambour-major et 4 fifres…

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07/07/1805 Décret sur l’organisation militaire des deux universités du Royaume

Article 1 : dans les deux universités de Pavie et de Bologne, les élèves haut de 4 pieds et 11 pouces formeront un Bataillon de x compagnies en fonction du nombre des élèves concernés. La compagnie devra compter 80 individus.
Article 2 : Chaque compagnie comportera : 8 caporaux, 4 sergents, 1 sergent-major. Les officiers seront pris parmi les professeurs ou parmi les meilleurs élèves…
Article 7 : il est prévu un uniforme identique pour les deux universités…
Article 12 : les fusils seront fournis par les magasins militaires…

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13/07/1805 Lettre de Fontainebleau au prince Eugène

Mon Cousin, je suis arrivé à Fontainebleau quatre-vingt-cinq heures après mon départ de Turin. Cependant j’ai perdu trois heures de plus que je ne l’aurais dû au mont Cenis, et je me suis arrêté constamment, à cause de l’Impératrice, une ou deux heures pour déjeuner, et une ou deux heures pour dîner; ce qui m’a fait perdre encore huit ou neuf heures. Ajoutez à cela l’énorme pesanteur de mes voitures. Vous pouvez juger par là qu’avec deux bons cabriolets vous pourriez venir à Paris en soixante et douze heures, si je vous y appelais. Ainsi , en quinze jours vous pourriez aller et venir, et rester huit ou dix jours à Paris. La première-fois que j’irai en Italie, j’irai sans appareil et incognito. Il est donc à propos que je sois servi à Milan, soit pour le service d’honneur, soit pour le service domestique, par ma Maison italienne.
Ce qui m’importe le plus, ce sont les chevaux de selle; faites-en acheter de bons à mesure qu’il s’en présente; et faites-les bien dresser, car rien ne ruine mon écurie de France comme de la faire voyager si loin. Présentez-moi la nomination des pages; mon intention est de les faire venir à Saint-Cloud.
Présentez-moi aussi l’organisation définitive de ma Maison italienne, et des sujets pour les places vacantes, afin de les compléter. Je vais aussi appeler deux dames italiennes pour faire le service d’hiver auprès de l’Impératrice, et un chambellan et un écuyer pour faire le service près de moi. Ils ne seront tenus de se rendre à Paris qu’en vendémiaire ou brumaire…

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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14/07/1805 Lettre de Fontainebleau au prince Eugène

Mon Cousin, j’ai donné des ordres pour faire confectionner une certaine quantité de biscuit pour l’approvisionnement des places de Legnago, Vérone, Peschiera, Mantoue, la Rocca d’Anfo. Remettez-moi sous les yeux ce que j’ai demandé. J’avais ordonné que ces biscuits se fabriquassent insensiblement; mais je pense, dans les moments actuels, devoir en accélérer la confection, sans cependant y mettre trop de précipitation, ni rien faire paraître d’hostile.
J’ai ordonné l’armement du château de Vérone et de la Rocca d’Anfo. Prenez des mesures telles qu’avant le 11 août les pièces soient rendues sur ces deux points. Faites écrire à l’officier qui commande l’artillerie de la Rocca d’Anfo que j’ai ordonné l’armement de ce point; qu’il tire le meilleur parti des pièces qui lui seront envoyées; et qu’il les place en batterie; qu’il ne préjuge point de là qu’il y ait aucune crainte de la guerre, mais que je désire être en règle sur toutes les frontières. Accélérez la confection des poudres. Veillez à ce qu’on fournisse exactement l’argent aux poudrières de Mantoue et de Pavie. Ce qui manque à Legnago, ce sont des affûts. Faites faire l’état de ce qui manque à l’armement des places d’Italie, tel que je l’ai arrêté, et de ce qu’on pourra se procurer d’ici à la fin de septembre. Il faut désormais que l’armement des places d’Italie, soit fait par l’armement de mon royaume d’Italie; sans quoi il en résulte un double service où il est impossible de rien comprendre.
A mesure que les conscrits arriveront, vous en enverrez 500 pour compléter les régiments qui se trouvent dans l’État de Naples; vous en enverrez 200 à chacun des corps qui sont à Calais, pour les compléter; et vous porterez au grand complet les trois corps qui restent en Italie. Faites-vous remettre, tous les samedis, par le ministre de la guerre, des états de situation en livrets, comme le ministre de la guerre m’en remet ici, de la force de chaque corps, présents et malades, du nombre des officiers, des lieux où les corps se trouvent, de la situation de la conscription; et faites-vous remettre, tous les mois, un état de l’armement et de l’approvisionnement de toutes les places, ainsi que des dépôts de cartouches d’infanterie et des lieux où ils se trouvent.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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27/07/1805 Lettre de Saint-Cloud au prince Eugène

Mon Cousin, je charge M. Marescalchi de vous expédier le décret par lequel j’ordonne que le Corps législatif termine ses séances. Monintention, pendant que je régnerai en Italie, est de ne plus le réunir. …
Il est inutile de donner de nouveaux drapeaux à l’armée italienne; il faut attendre de nouvelles circonstances…

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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02/08/1805 Décret sur le bataillon des canonniers du Mincio

Réorganisation du corps des canonniers du Mincie en un bataillon fort de :
Etat major : 1 chef de bataillon, 1 adjudant-major, 1 quartier-maître, 1 officier de santé, 1 adjudant, 1 professeur théorique et pratique.
Bataillon de 3 compagnies : 6 capitaines, 6 lieutenants, 3 sergents majors, 12 caporaux, 12 sergents, 3 caporaux fourriers, 12 artificiers et 180 canonniers.
… ce bataillon s’habillera à ses frais…

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04/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au prince Eugène

Mon Cousin, mon intention est qu’il y ait une compagnie de bombardiers dans le régiment d’artillerie; vous pouviez penser que j’avais mes raisons, lorsque j’avais ordonné ces dispositions. Je compte que le château de Vérone et la Rocca d’Anfo sont armés et que les 450,000 rations de biscuit sont réparties, et que toutes les dispositions portées dans votre lettre du 28 juillet ont reçu leur effet. …

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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05/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au prince Eugène

Mon Cousin, il serait possible que je fisse marcher une brigade composée des deux régiments qui sont à Milan, du régiment de chasseurs et de huit pièces italiennes. Je désirerais que tout cela pût faire, ensemble, 4,000 hommes, et je voudrais les envoyer dans les Abruzzes. Ceci doit rester très-secret; mais faites-moi connaître, par le retour de mon courrier, quand ce corps pourrait être prêt, et quel est le général italien capable de le mener.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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06/08/1805 Décret sur l’organisation des Gardes d’honneur

Art 1 : chaque compagnie sera de : 1 capitaine commandant, 1 lieutenant en premier, 2 lieutenants en deuxième, 1 maréchal des logis chef, 4 maréchaux des logis, 1 brigadier-fourrier, 8 brigadiers dont 1 à pied, 86 gardes dont 36 à pied, 2 trompettes dont l’un pour les 4 compagnies sera brigadier, 1 tambour, 1 maréchal-ferrant soit un total pour chaque compagnie de 104 hommes.

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07/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au maréchal Bessières

Mon Cousin, faites partir pour Boulogne les hommes de ma Garde, grenadiers et chasseurs, qui sont dans le cas de faire la guerre. Faites partir également le régiment de grenadiers et chasseurs italiens; depuis le temps, il doit être armé et habillé. S’il n’était pas habillé, qu’il parte toujours; seulement, veillez à ce qu’il soit parfaitement armé. Faites partir aussi tous les soldats du train et les chevaux d’artillerie qui se trouvent disponibles à Paris. Suivez l’ordre que j’ai donné en Italie pour la formation des hommes de ma Garde que vous m’enverrez. Faites partir les chasseurs sous les ordres du major Gros, et les grenadiers sous les ordres du major des grenadiers à pied. Quant aux chasseurs et grenadiers à cheval qui étaient à Gênes, faites-moi connaître quand ils viendront. Si vous pouvez accélérer leur marche de deux ou trois jours, faites-le; j’aurais besoin d’un corps de 800 hommes à cheval. Les dépôts des différents corps de la Garde que vous laisserez à Paris seront sous les ordres des chefs de bataillon et d’escadron. La Garde à pied partira sous les ordres du général Soulès, de manière à être à Boulogne en dix jours, du moment de son départ. Vous-même, vous vous tiendrez prêt à partir. Faites partir aussi la moitié des gendarmes d’élite à pied dans le cas de faire la guerre.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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15/08/1805 Décret de Milan sur les nominations de l’Ecole d’équitation

Nomination de Dermoy comme Directeur de l’Ecole d’équitation et de Marini comme sous-directeur en application du décret de formation du 1er Août 1805.

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19/08/1805 Décret de Monza organisant le corps des Vélites Royaux

Art 1 : Le corps des Vélites royaux formera un Etat-major et 3 bataillons de 4 compagnies chacun.
Art 2 : L’Etat-major se compose : 1 colonel, 3 chefs de bataillon, 1 quartier-maître trésorier, 3 adjudants majors, 2 adjudants sous-officiers, 2 officiers de santé, 1 vaguemestre, 1 tambour-major, 2 caporaux tambours, 30 musiciens dont un chef et 4 maîtres ouvriers.
Art 3 : chaque compagnie comprend : 1 capitaine, 1 lieutenant en premier, 1 lieutenant en second, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 4 caporaux, 80 vélites et 3 tambours soit un total de 3 officiers et 97 sous-officiers et vélites (100 hommes par compagnie)…
Art 6 : il y aura un fourgon à 4 roues et 4 chevaux pour chaque bataillon.

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19/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au Prince Eugène

Mon Cousin, faites partir pour se rendre dans les Abruzzes, pour y être sous les ordres du général de division Reynier, et faire, dès lors, partie du corps d’armée du général Saint-Cyr, les 3e et 4e régiments de ligne et le régiment de chasseurs à cheval; chaque compagnie des deux bataillons des 3e et 4e régiments sera au moins à 100 hommes; et, comme ces bataillons ne sont que de 1,600 hommes, chaque bataillon laissera une ou deux compagnies au dépôt qui restera à Milan pour recevoir les conscrits à mesure qu’ils arriveront; et, lorsque ces compagnies seront complètes, elles rejoindront leurs corps. Vous ferez partir avec ces trois régiments l’artillerie à pied et les soldats du train, avec deux pièces de 6, deux pièces de 12, deux pièces de 3 et deux obusiers, qui seront servis par l’artillerie à pied, et deux pièces de 6 et deux obusiers qui seront servis par l’artillerie à cheval. Vous préviendrez le général Saint-Cyr et M. le maréchal Jourdan de ce mouvement, que je désire qu’on tienne secret.
Cette division pourra être sous les ordres du général Ottavi. Elle partira de Milan et sera censée aller à Ferrare. Quand elle sera arrivée à Bologne, vous lui donnerez l’ordre de se rendre à Rimini où elle trouvera de nouveaux ordres pour Pescara. Vous préviendrez le cardinal Fesch du départ de ces troupes, mais seulement quand elles auront dépassé Bologne. Mon intention est qu’on ignore le plus longtemps possible que ce corps se dirige sur Naples. Faites-moi connaître quand il arrivera à Pescara et envoyez-moi son itinéraire afin que je sache où il se trouvera chaque jour. Du moment que vous aurez des conscrits, portez les régiments qui le composent au grand complet de guerre, c’est-à-dire à 2,200 hommes, de manière que leur complet sous les armes soit au moins de 2,000 hommes par régiment. Le départ des troupes ne laissera pas que de soulager le trésor du royaume d’Italie, puisque la dépense de leur nourriture sera supportée par le royaume de Naples. Vous joindrez à cette division une compagnie de sapeurs et quatre officiers du génie d’Italie, de ceux qui connaissent davantage le pays, et qui, pour cela, pourraient être le plus utiles. Faites-moi connaître quand un des deux régiments de dragons pourra partir pour se joindre à cette division.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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23/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne

Je donne ordre à un des régiments de dragons italiens de se rendre à Rimini avec quatre pièces d’artillerie légère. Je donne ordre au bataillon suisse qui se trouve à la Spezzia de se rendre à Pescara pour être sous les ordres du général Reynier. Donnez l’ordre au 4e régiment de chasseurs de se rendre à Pescara. Prévenez le général Saint-Cyr, par un courrier extraordinaire, que l’Autriche arme à force, qu’il serait possible que l’Europe se brouillât; qu’il serait possible aussi qu’il reçût, avant le 15 septembre, l’ordre de marcher sur Naples et de prendre possession de ce royaume. Instruisez-le qu’à cet effet deux régiments d’infanterie italienne, le bataillon suisse, deux régiments de cavalerie italienne et un régiment de cavalerie française, sont en marche pour renforcer son corps d’armée…

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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26/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au maréchal Berthier

Mon Cousin, préparez des ordres pour le général Marmont et pour le maréchal Bernadotte…
Les trois régiments italiens viendront, le le à Boulogne, au camp de gauche : ils y resteront jusqu’à nouvel ordre, c’est-à-dire jusqu’à ce que les dix-neuf bataillons soient bien organisés et un peu renforcés.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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27/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au Prince Eugène

Mon Cousin, les grands préparatifs de l’Autriche me portent à penser que véritablement elle veut la guerre, vœu insensé dont elle doit redouter l’accomplissement…
Ignorez ce que je vous dis du maréchal Jourdan; s’il est avec vous, ayez d’autant plus de déférence pour lui que la guerre menace. Si la guerre commence, le bataillon de grenadiers français que vous avez deviendra nécessaire à l’armée. Je verrais donc avec intérêt que les vélites et les gardes d’honneur commençassent à s’organiser, pour qu’ils puissent vous servir. Dans tous les cas, ayez à Monza au moins deux escadrons de votre régiment de dragons, une portion de la gendarmerie d’élite que je vous ai laissée, une demi-compagnie d’artillerie légère avec six pièces attelées, et, enfin, gardez avec vous une portion des deux détachements de ma Garde à pied que je vous ai laissés; faites-les habiller, la garde impériale vous en tiendra compte. Quand vous serez à Mantoue, écrivez-moi en détail sur la situation où se trouve Pietole.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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27/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au Prince Eugène

Je vous autorise à nommer les officiers du corps des vélites. Quand ils le seront, vous m’enverrez tous les trois mois leurs brevets, pour que je les signe; mais vous pourrez, les faire recevoir, et cela pour la première formation seulement…

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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28/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au maréchal Berthier

Vous ferez partir, le 13, ma Garde à pied et à cheval, qui est à Boulogne, ainsi que toute l’artillerie, qui doit consister en quinze pièces de canon. Elle partira, le 13, pour se rendre à Strasbourg, où elle sera casernée dans la ville.
Ordre au maréchal Bessières de faire partir deux bataillons de la garde italienne, deux bataillons de la garde impériale et tout ce qu’il y a de disponible de grenadiers et de chasseurs à cheval et d’artillerie, avec chirurgiens, ambulance, etc., et tout ce qui est nécessaire pour faire la campagne. Ils se mettront en route, le 13, de Paris pour Strasbourg.
Ces six bataillons de ma Garde, les deux régiments à cheval, grenadiers et chasseurs et artillerie légère, seront casernés dans la ville de Strasbourg.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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28/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au maréchal Bessières

Mon Cousin , le ministre de la guerre vous envoie l’ordre de faire partir ma Garde pour Strasbourg.
Comme je vais me rendre incessamment à Paris, vous laisserez assez de monde pour faire le service de Saint-Cloud. J’espère que les deux bataillons qui sont à Boulogne, et les quatre bataillons et italiens qui sont à Paris, formeront 4,000 hommes, et ma Garde à cheval, en y comprenant les Mameluks, 1,500 hommes. Vous serez spécialement chargé du commandement de ces 5,500 hommes de ma Garde.
Faites-moi connaître le chef d’état-major que vous voulez prendre. Les généraux Hulin et Soulès commanderont l’infanterie, le général Ordener la cavalerie, et le colonel Couin l’artillerie. Il vous faut un chef d’état-major et vos quatre aides de camp.
Faites partir sur-le-champ vos chevaux, vos fourgons et vos bagages pour Strasbourg. Les hommes de l’artillerie de la Garde sont en nombre suffisant pour servir quinze pièces de canon.
Faites-moi connaître combien de pièces pourrait servir l’artillerie italienne. Ce ne sera pas trop, pour un corps de réserve comme la Garde, d’avoir vingt-quatre ou vingt-cinq pièces de canon. Je vois, par votre dernier état, que ma garde royale a 70 hommes d’artillerie; ils peuvent très-bien servir huit pièces. Cela portera donc l’artillerie de ma Garde à vingt-quatre pièces de canon.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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29/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au maréchal Berthier

M. Maret vous enverra le décret pour l’organisation des équipages de la flottille. Vous verrez que je les organise en onze équipages. Les équipages seront à peu près de 1,000 hommes; ce qui fera 10 à 11,000 hommes.
Je laisse ici trois régiments italiens et trois régiments français, ce qui fait quinze bataillons. J’y laisse dix 3e bataillons, ce qui vingt-cinq bataillons…

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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31/08/1805 Lettre du Camp de Boulogne au Prince Eugène

Mon Cousin, je suis encore à Boulogne. Je compte en partir dans deux jours. La Grande Armée est en pleine marche; elle sera toute rendue sur le Rhin au ler vendémiaire. J’occuperai l’ennemi de manière qu’il n’aura pas de temps à perdre à vous chicaner en Italie. Je n’ai pas besoin de vous répéter que cela est pour vous seul. Vous devez dire que je fais marcher quelques troupes de mon armée des côtes, mais seulement 30,000 hommes. Du reste, que votre langage soit pacifique et modéré; c’est dans ce sens qu’il faut faire expliquer les journaux de Milan.
Ma Garde italienne part pour l’armée avec le reste de ma Garde. Je laisse les trois corps italiens qui sont à Calais, pour garder mon camp de Boulogne, avec un bon corps français…

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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01/09/1805 Lettre du Camp de Boulogne au Prince Eugène

Mon Cousin, j’ai reçu l’état, que vous m’avez envoyé, des jeunes gens de la garde d’honneur et de ceux destinés aux vélites. Allez de l’avant et formez-en des premières compagnies, qui vous seront nécessaires pour votre garde dans les circonstances orageuses qui vont se présenter. Je serai dans peu de jours à Paris. Cet automne sera un automne de grands événements…

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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02/09/1805 Lettre du Camp de Boulogne au Prince Eugène

Mon Cousin, …Le général Masséna est parti hier de Paris… J’ai fait venir ici le corps italien pour le passer en revue; il est bien habillé, d’une assez bonne tenue, et fait bien les petites manœuvres; mais les généraux ont besoin de s’instruire.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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09/09/1805 Décret SAI de Saint-Cloud sur les compagnies de voltigeurs de l’infanterie légère

Article -1- il sera formée une compagnie de voltigeurs dans chaque bataillon des régiments d’infanterie légère de notre Royaume d’Italie.
Article -2- la compagnie comptera 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal-fouurier, 8 caporaux, 104 voltigeurs et 2 porte-instruments. Soit un total de 123 hommes.
(…)
Article -5- les voltigeurs toucheront la solde des carabiniers.
(…)

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09/09/1805 Décret de nomination 4ème cie de Gardes d’honneurs

Nomination de Milzetti comme commandant de la compagnie de Gardes d’honneur de Romagne.

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10/09/1805 Lettre du Saint-Cloud au Prince Eugène

Mon Cousin, … Faites pour les gardes d’honneur tout ce qui vous convient. Il faudra pour compléter les trois corps italiens qui sont à Boulogne, 1,000 à 1,200 conscrits; tâchez de les leur procurer.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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03/10/1805 Décret de Monza sur les marins volnats (volanti)

Article 1 : les marins volants (volanti) qui font partie des équipages de la flotille sont considérés comme militaires et suivront donc la discipline et les usages de la Marine royale…

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05/10/1805 Décret pour la création du Bataillon Royal des Chasseurs brescians

Article -1- il sera formé dans le département de la Mella un corps de troupe légère qui sera appelé Real Battaglione dei Cacciatori bresciani.
Article -2- le colonel GAMBARRA l’organisera et le commandera.
Article -3- le bataillon comptera 6 compagnies dont une de carabiniers.
L’état-major comprendra 1 colonel commandant, 1 capitaine adjudant-major, 1 officier de santé de 1ère classe, 1 adjudant sous-officier, 1 quartier-maître trésorier, 1 caporal tambour, 1 maître- tailleur et 1 maître armurier. Soit au total 8 hommes.
Chaque compagnie se composera comme suit : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal-fourrier, 8 caporaux, 2 tabours et 81 chasseurs ou carabiniers. Soit un total de 100 hommes.
Article -4- la tenue, sauf le bouton qui cevra porter l’indication du corps, la solde et l’armement seront ceux des régiments d’infanterie légère de notre Royaume.

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19/10/1805 Décret sur le service de la Marine royale

Titre I
Art 1 : Inspecteuf de la Marine
il y aura un inspecteur de la Marine royale … ses fonctions (…)
Art 2 : distributions des services de la Marine
– constructions navales
– mouvements des ports
– administration et comptabilité.
Constructions navales : I ingénieur des constructions navales et sous ses ordres 1 cape maestro falegname (voile) et 1 cape maestro calafato (calfat).
Ces trois individus sont des employés d’Etat. Il y aura également des employés à la journée ou à la tâche.
Mouvement des ports : 1 chef de mouvement des ports qui sera aussi commandant du bataillon des canonniers de la Marine avec sous ses ordres un sotte cape dei movimenti dei porti (sous-chef des mouvements des ports).
Administration et comptabilité : I commissaire de marine, 3 agents de comptabilité (1 de 1ère classe et 2 de 2ème classe), 2 gardes magasins (1 de 1ère classe et 2 de 2ème classe).

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26/10/1805 Décret VR sur les compagnies de voltigeurs de l’infanterie

Article -1- il y aura dans chaque bataillon une compagnie de voltigeurs qui sera la 10ème du bataillon en comptant celle des grenadiers. Le bataillon est donc augmenté d’une compagnie.
Article -2- les hommes de petite taille entre 1 m 504 et 1 m 620 la composeront.
Article -3- la compagnie comptera 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal-fourrier, 8 caporaux, 104 voltigeurs, 2 instrumentistes. Soit un total de 123 hommes. A la place des tambours, la compagnie aura des cornets.
Article -5- la compagnie des voltigeurs prendra la gauche du bataillon.
Article -6- la compagnie sera armée du sabre d’infanterie et d’un fusil plus léger du modèle des dragons. Les officiers et sous-officiers auront une carabine avec baïonnette.
Article -7- les voltigeurs seront vêtus comme le reste du batailon, avec les couleurs distinctives du corps. Ils porteront des épaulettes vertes, le plumet vert pour la légère et le pompon vert pour la ligne.
Article -8- ils devront être capables de monter en croupe derrière un cavalier.
Article -9- ils toucheront la solde des grenadiers.

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01/11/1805 : Décret de Monza sur le Régiment d’artillerie à cheval

Article 1 : Il y aura un régiment d’artillerie à cheval composé d’un état major, de 2 compagnies de canonniers à cheval et de 4 compagnies du train.
Article 2 : l’Etat major se compose : 1 colonel, 2 chefs d’escadron, 2 adjudants major, 1 quartier maître, 1 chirurgien-major, 2 adjudants sous-officiers (montés), 1 brigadier trompette (monté), 1 artiste vétérinaire (monté), 1 chef sellier bourrelier (non monté), 1 chef bottier (non monté), 1 chef tailleur (non monté) et 1 chef esperonnier armurier (non monté). Total = 15 hommes
Article 3 : Chaque compagnies de canonniers comprend : 1 capitaine commandant, 1 capitaine en second, 1 lieutenant en premier, 2 lieutenants en second, 1 maréchal des logis chef, 6 maréchaux des logis, 1 brigadier fourrier, 6 brigadiers, 2 trompettes, 30 canonniers de 1ère classe , 50 canonniers de 2ème classe dont 40 sont montés, 1 maréchal ferrant (non monté) et 1 sellier (non monté). Total de chaque compagnie = 5 officiers, 98 sous-officiers et canonniers et 86 chevaux de troupe
Article 4 : Chaque compagnie du train se compose de : 1 lieutenant en premier, 1 lieutenant en second, 1 maréchal des logis chef, 4 maréchaux des logis, 1 brigadier fourrier, 4 brigadiers, 2 trompettes dont un saura battre la caisse, 2 maréchaux ferrant (non montés), 2 bourreliers (non montés), 28 soldats de 1ère classe et 54 soldats de 2ème classe. Total de chaque compagnie = 100 hommes
Article 5 : les deux compagnies actuelles de canonniers formeront les 2 compagnies de canonniers de ce régiment et seront portées à l’effectif. Le train existant formera les 4 compagnies du régiment.
(…)
Article 10 : Les sous officiers et les canonniers porteront le sabre des troupes légères et un pistolet. Les sous officiers et brigadiers du train le même armement que les canonniers. Les soldats du train auront le sabre de l’artillerie à pied. En temps de paix, les soldats du train de la fraction à pied auront ainsi que leurs sous-officiers le fusil et le sabre.
Article 11 : L’habillement sera déterminé pour 1806 mais provisoirement on conserve la tenue actuelle.

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03/11/1805 Modalités d’organisation du nouveau régiment d’artillerie à cheval

– canonniers :
la 1ère cie de l’ex escadron devient 1ère compagnie de canonniers
la 2ème cie de l’ex escadron devient 2ème compagnie de canonniers
– train :
les 1ère et 2ème cies de l’ex bataillon du train forment la nouvelle 3ème compagnie du régiment
les 3ème et 4ème cies de l’ex bataillon du train forment la nouvelle 4ème compagnie du régiment
les 5ème et 6ème cies de l’ex bataillon du train forment la nouvelle 5ème compagnie du régiment
la 7ème cie de l’ex bataillon du train forme la nouvelle 6ème compagnie du régiment

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22/11/1805 Décret sur l’uniforme des officiers de la Marine royale

L’uniforme sera le même que dans la Marine française, habit de drap vert et broderies argent.

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22/11/1805 Lettre de Berthier de Brünn au maréchal Masséna

Je vous fais connaître, Monsieur le Maréchal, l’entrée de l’armée française à Vienne…
Vous laisserez toutes les troupes italiennes, ainsi que les Polonais, à la disposition du vice-roi, l’intention de l’Empereur étant de ne les laisser pénétrer dans le Tyrol que quand il connaîtra leur état de situation; mais il donnera de nouveaux ordres à cet égard.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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26/11/1805 Décret de Milan sur la formation du camp de réserve

Art 1 : un camp de réserve sera établi pour le royaume d »Italie, les états de Parme, Plaisance et Guastalla.
Art 2 : chaque département fournira de 500 à 1000 hommes sauf ceux de la Mella, du Reno, du Crostollo et du Panaro qui y enverront les troupes nationales qui ont été formées par ordres antérieurs.
Art 3 : il sera établi entre Bologne et Modène.
Art 4 : il sera sous le commandement du général Pino
Art 5 : le commissaire général sera Brème.

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01/12/1805 Décret de nomination d’officiers de santé dans la Garde royale

Solenghi est nommé chirurgien-major de la Garde royale et Muzzarelli officier de santé de deuxième classe de la Garde royale.

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09/12/1805 Lettre de Brünn au Prince Eugène

Au prince Eugène Mon Cousin, j’ai fait toutes les dispositions pour garantir mon royaume d’Italie, les États du Pape et le pays de Venise, et fortifier ma Grande Armée. J’ai ordonné que le maréchal Masséna en commanderait le 8e corps et se rendrait à Laybach; que vous commanderiez le pays vénitien, avec une division française et ce que vous pourriez réunir en Italie; que le général Saint-Cyr se porterait avec 30,000 hommes pour couvrir l’État Romain. Vous aurez été instruit des détails de la bataille d’Austerlitz. Je suis fort content du bon esprit de la garde royale; malheureusement il n’y a que la cavalerie de ma Garde qui ait donné; mais elle en avait bonne envie. Voyez si vous pouvez m’envoyer 3 on 400 beaux hommes pour la renforcer….

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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13/12/1805 Lettre de Schönbrunn au Prince Eugène

Mon Cousin, témoignez ma satisfaction au Conseil d’État et à la municipalité de Milan sur les lettres qu’ils m’ont écrites. Vous avez déjà reçu les dispositions que j’ai faites, il y a peu de jours, à Brünn. Vos gardes nationales vous seront utiles pour garder le corps d’observation qui est devant Venise. D’après les renseignements que je reçois, l’ennemi n’a pas débarqué à Naples plus de 15,000 hommes. Vous commandez seul dans tout mon royaume d’Italie et dans l’État de Venise. Il faut laisser lever les contributions, les faire verser dans les caisses, et les tenir à ma disposition. Le corps de Masséna, qui fait le 8e corps de la Grande Armée, doit se nourrir en Carinthie, en Styrie et dans le comté de Goritz.
Vous trouverez ci-joint un décret qui nomme M. Brème mon ministre de l’intérieur; vous me ferez connaître ce que je dois faire pour M. Felici.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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16/12/1805 Lettre de Schönbrunn au Prince Eugène

Mon Cousin, je reçois votre lettre du 10 décembre. J’aurais désiré que vous m’eussiez envoyé l’état de situation des gardes nationales que vous avez réunies. Vous devez avoir reçu mon ordre qui vous donne le commandement du pays vénitien et de tout mon royaume d’Italie. Je ne sais si vous avez reçu le décret qui vous nomme général de division; il est inutile de faire aucun éclat de cette nomination, mais vous pouvez en porter les marques. Vos gardes nationales vous serviront bien à faire le service autour de Venise, avec la cavalerie et l’artillerie française que vous avez en réserve. Le mieux, si nous n’occupons pas Venise, est de construire des redoutes dans tous les lieux où l’ennemi pourrait faire des sorties. Envoyez quelques bataillons de la garde nationale à Bolzano et à Trente, conformément aux ordres que vous avez dû recevoir, pour maintenir la police dans cette partie du Tyrol, qui se trouvera aussi sous vos ordres. Je désire que vous me teniez bien instruit de tout ce qui se passe à l’armée de Naples, et de la marche du général Saint-Cyr. Faites-moi connaître la force des dépôts qui sont restés en Piémont et en Lombardie, le nombre des conscrits arrivés de France, et aussi la situation et les lieux où se trouvent les différents corps qui composent le camp volant d’Alexandrie. Ne désapprovisionnez point la place de Mantoue, l’avenir est encore inconnu, car toute ma force en Italie est dans mon système de places. Je retirerai le maréchal Masséna à moi, si les hostilités recommencent. Veillez à ce que Palmanova soit bien armée et approvisionnée. Envoyez-moi l’état de situation de toutes vos forces et de tout ce qui se trouve en Piémont. Procurez-vous de l’artillerie. Faites beaucoup exercer vos nouvelles troupes, en ne les compromettant point.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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18/12/1805 Lettre de Schönbrunn au Prince Eugène

Mon Cousin, je reçois votre lettre du 12 décembre, à dix heures du soir. J’eusse désiré avoir l’état de situation des gardes nationales de mon royaume d’Italie. Vous aurez déjà reçu l’ordre de prendre le commandement de toutes mes troupes dans mon royaume d’Italie et dans le pays de Venise. On doit vous adjoindre une division française pour servir de réserve à toutes mes troupes italiennes. Saint-Cyr doit déjà être parti et, à l’heure qu’il est, avoir, j’espère, dépassé Bologne. Son armée sera assez forte; d’ailleurs je la ferai, selon les circonstances, appuyer, si cela est nécessaire. Portez une partie des gardes nationales du côté de Rimini, pour que mon royaume soit à l’abri d’être entamé par les Cosaque ou par d’autres troupes légères. Tenez l’autre partie du côté de Venise. Écrivez au général Menou de faire passer une partie de la réserve de son camp volant devant Venise. Renforcez votre corps; ayez beaucoup d’artillerie; faites construire des redoutes. D’ailleurs le corps autrichien qui est à Venise est compris dans l’armistice et ne peut faire de sorties contre le corps que vous mettrez devant cette ville. Je vous recommande Palmanova; car, si les hostilités doivent recommencer, je dégarnirai entièrement Laybach et je ferai venir Masséna sur Vienne. On négocie toujours; mais il faut toujours se tenir sur ses gardes. Vous pouvez écrire confidentiellement au cardinal Fesch et à la princesse de Piombino que je me suis arrangé avec la Prusse. Ce bruit peut même courir, mais sans aucun caractère officiel.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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18/12/1805 Lettre de Schönbrunn au Prince Eugène

Mon Cousin, je désire que vous m’envoyiez, par le retour de mon courrier, un mémoire sur l’Istrie et la Dalmatie, qui me fasse connaître la division de ces deux provinces, leur population, les noms et la population des cinquante principales villes ou bourgs, leurs ports et le revenu de chacune de ces provinces, enfin tout ce qui peut me donner une idée précise de la valeur de chacune d’elles. Dandolo doit être en état de vous faire ce travail.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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21/12/1805 Lettre de Schönbrunn à l’Electeur de Bavière

J’envoie mon grand maréchal du palais, le général Duroc, pour demander à Votre Altesse sa fille, la princesse Auguste, en mariage pour mon fils, le prince Eugène. Il y a déjà plusieurs années que j’ai désiré l’alliance de Votre Altesse, et, dans les circonstances actuelles, où plusieurs propositions m’ont été faites, je suis resté fidèle aux engagements que j’avais pris à Linz avec son ministre Gravenreuth. Il sera fort agréable pour moi de donner à Votre Altesse et à son peuple cette preuve d’amitié et d’estime. Je charge le général Duroc de prendre de ma part tous les engagements convenables et les arrangements pour ledit mariage, que je désire voir célébrer le plus tôt possible, au même moment de la paix générale, qui sera incontestablement signée dans la quinzaine. Que Votre Altesse voie dans ce désir, d’avoir dans ma famille une princesse aussi accomplie que la princesse Auguste et de former avec Votre Altesse des liens si étroits, le secret le plus constant de ma politique et la preuve des sentiments d’estime et d’amitié que je lui ai voués.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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22/12/1805 Lettre de Schönbrunn au Prince Eugène

Au prince Eugène Mon Cousin, je vous ai déjà fait connaître que je désirais avoir l’état de situation de vos gardes nationales. Tenez-les sur pied. Mon intention est de leur faire occuper Venise, que je vais réunir définitivement à ma couronne de fer. Je vous ai demandé des notions claires sur l’Istrie et la Dalmatie. Je désire que vous m’envoyiez également un mémoire qui me fasse connaître les domaines nationaux existant dans le pays vénitien, appartenant soit à l’Empereur, aux villes, soit à des corporations religieuses.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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23/12/1805 Lettre de Schönbrunn au Prince Eugène

Au prince Eugène Mon Cousin, j’ai le projet de réunir Venise à mon royaume d’Italie. Il est nécessaire que vous me fassiez préparer un travail de la division de ce pays en départements. J’approuve tout ce que vous me proposez dans votre lettre du 5 décembre pour les contributions; vous devez considérer le décret comme signé. Dans le moment actuel, il faut de l’argent; mais économisez-le ! Je vous ai chargé du commandement du pays de Venise : ne souffrez point qu’il lui soit fait aucun mauvais traitement; que tout s’y fasse avec ordre; que les contributions qu’on y lève soient à mon profit et versées dans la caisse du payeur de la Grande Armée, la Bouillerie ou à la caisse d’amortissement.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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26/12/1805 Schönbrunn 37ème bulletin de la Grande Armée

Voici la position de l’armée aujourd’hui :
Le maréchal Bernadotte occupe la Bohème;
Le maréchal Mortier, la Moravie;
Le maréchal Davout occupe Presbourg, capitale de la Hongrie;
Le maréchal Soult occupe Vienne;
Le maréchal Ney occupe la Carinthie;
Le général Marmont, la Styrie;
Le maréchal Masséna, la Carniole;
Le maréchal Augereau reste en réserve en Souabe.
Le maréchal Masséna, avec l’armée d’Italie, est devenu le 8e corps de la Grande Armée.
Le prince Eugène a le commandement en chef de toutes les troupes qui sont dans le pays de Venise et dans le royaume d’Italie.
Le général Saint-Cyr marche à grandes journées sur Naples punir la trahison de la reine et précipiter du trône cette femme, criminelle qui, avec tant d’impudeur, a violé tout ce qui est sacré parmi les hommes. ..

Les peuples d’ltalie ont montré beaucoup d’énergie. L’Empereur a dit plusieurs fois : Pourquoi mes peuples d’Italie ne paraîtraient pas avec gloire sur la scène du monde ? Ils sont pleins d’esprit et de passion : dès lors il est facile de leur donner les qualités militaires. Les canonniers italiens de la garde royale se sont couvert de gloire à la bataille d’Austerlitz et ont mérité l’estime de tous les vieux canonniers français. La garde royale a toujours marché avec la garde impériale et a été partout digne d’elle. Venise sera réunie au royaume d’Italie. Les villes de Bologne et de Brescia sont toujours les premières à se distinguer par leur énergie; aussi l’Empereur, en recevant les adresses de ces villes, a-t-il dit : Je sais que les villes de Bologne et Brescia sono mie di cuore…

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

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27/12/1805 Lettre de Schönbrunn au Prince Eugène

Mon Cousin, je vous annonce que la paix a été signée à Presbourg, capitale de la Hongrie, ce matin, à cinq heures, entre M. Talleyrand et MM. le prince de Liechtenstein et le général Gyulai. La ville de Venise et ses États, tels qu’ils ont été cédés au traité de Campo-Formio, font partie de mon royaume d’Italie. Vous pouvez annoncer cet article du traité à mon peuple d’Italie. Faites annoncer la signature du traité par une salve de soixante coups de canon.

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27/12/1805 Lettre de Schönbrunn au maréchal Berthier

Mon Cousin, donnez ordre …
Le 8e corps, aux ordres du maréchal Masséna, recevra l’ordre de retourner en Italie. Il mettra en marche tous ses dragons pour rejoindre l’armée de Naples, ainsi qu’une de ses trois divisions d’infanterie à son choix ; immédiatement après, le maréchal Masséna se rendra à l’armée de Naples, dont il prendra le commandement. Le général de brigade Mortières, à la tête des 9e, 13e et 81e bataillons de grenadiers, partira dimanche, 8 nivôse (29 décembre), pour se rendre en Italie, par Graz. La division de cuirassiers aux ordres du général Pully prendra position du côté de Trévise et de Padoue. Toutes les autres troupes du corps d’armée du maréchal Masséna rentreront en Italie aux ordres du prince Eugène. Toute la cavalerie française et italienne qui se trouve devant Venise, avec le général Partouneaux, deux régiments d’infanterie les plus forts, et la plus grande partie de l’artillerie de campagne, se mettront en marche pour renforcer l’armée de Naples. Le général Molitor, avec trois régiments de sa division, prendra possession de la Dalmatie. Le général Duhesme, avec trois régiments de sa division, prendra possession de l’Istrie. Comme ces divisions ont quatre régiments, les deux régiments qui resteront se rendront à Venise, aux ordres du général Miollis, qui prendra possession de cette ville. Toutes les troupes en Dalmatie, en Istrie, dans le pays de Venise et en Italie, seront sous les ordres du prince Eugène. Dans tous les cas imprévus, le général Lauriston, commissaire pour prendre possession des nouveaux pays cédés en Italie, demandera les ordres du prince Eugène pour les arrangements avec l’Autriche…
S. A. S. le prince Eugène est lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée d’Italie…

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27/12/1805 Lettre de Schönbrunn au Prince Eugène

Mon Cousin, la paix est conclue, comme je vous l’ai déjà mandé par le dernier courrier. Je charge M. Maret de vous en adresser, pour vous seul, les conditions. J’ai nommé Lauriston mon commissaire pour l’occupation de Venise et de la Dalmatie. Berthier vous fera connaître toutes les dispositions que j’ai faites. Vous aurez en Italie sous vos ordres Marmont et Molitor. Chargez Miollis de l’occupation de Venise. Vous ne devez y aller que lorsqu’il n’y aura plus d’Autrichiens. Faites lever toutes les difficultés par Miollis et Lauriston. Écrivez-moi à Munich et à Paris par duplicata. Je fais évacuer cent cinquante pièces de canon sur Palmanova. Si Rapp est encore avec vous, qu’il vienne me joindre à Munich par le Tyrol.

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27/12/1805 Lettre de Schönbrunn 11 heures du soir au Prince Eugène

Mon Cousin, vous êtes dans l’indépendance la plus parfaite du maréchal Masséna. Mettez la plus grande activité à vous faire informer de la quotité des contributions qui ont été levées dans toute l’étendue du pays vénitien, et faites-moi connaître l’usage qu’on en a fait. J’ai destitué les commissaires des guerres Grobert et Masséna, dont mes sujets d’Italie avaient à se plaindre. Portez, dans la recherche des dilapidations qui auraient été commises, la plus grande surveillance et la plus grande rigidité. Venise doit être réunie à mon royaume d’Italie. Il faut que le ministre des finances, M. Prina , parcoure le pays et me propose un projet d’organisation des finances à y établir ; il faut également prendre des mesures pour les monnaies et l’établissement des douanes. Enfin il est convenable que vous m’envoyiez un mémoire qui me fasse connaître à combien se montera le revenu du pays vénitien, en y établissant le même système de finances que dans le royaume d’Italie.

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31/12/1805 Lettre de Munich au Prince Eugène

Mon Cousin, je suis arrivé à Munich. J’ai arrangé votre mariage avec la princesse Auguste. Il a été publié. Ce matin, cette princesse m’a fait une visite, et je l’ai entretenue fort longtemps. Elle est très-jolie. Vous trouverez ci-joint son portrait sur une tasse, mais elle est beaucoup mieux. Je recevrai demain la députation, qui est encore à Munich.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l’aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org