1- Le contexte de cet article et des infographies sur les trompettes des Gardes d’honneur en 1811-1812
L’envie de réaliser cet article remonte à la sortie dans la Revue Traditions N°6 de février 2016 de la remarquable publication de mon ami Riccardo PAPI sur les Gardes d’Honneur de Napoléon. Je suis alors allé lire ce qu’il avait écrit sur les trompettes et les tambours de cette formation très particulière de la Garde royale du Royaume d’Italie. Mon souhait était de réaliser quelques planches en complément de mes infographies concernant la période 1811-1812, préiode pendant laquelle le corps comptait encore 5 compagnies et portait la nouvelle tenue vert dragon avec le casque à chenille qu’illustre l’estampe des frères Adam sur la cavalerie du Royaume d’Italie.
Pour information, Riccardo PAPI confirme l’absence de sources pour les trompettes et tambours de la période 1805-1810 … j’avais tendance à penser que pour la période 1811-1812, la règle devait être les couleurs inversées et je souhaitais vérifier cela.
Les informations que je recherchais se situent dans cette publication entre les pages 81 chapitre Les tambours et trompettes à la page 83 chapitre Les guidons et porte-guidons.
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LES TAMBOURS ET LES TROMPETTES
(fin de la page 80).
Le texte reprend page 81 : « pin étaient de couleur bleu céleste. L’habit est tout galonné en argent au col, aux revers, au devant et au dos des manches, aux retroussis et aux poches; en outre deux galons descendent des épaules jusqu’à la taille en formant un écusson. Seulement les boutonnières des revers ont des broderies. La trompette de la planche de Milan a les épaulettes à franges argentées, comme les ont par erreur les gardes, tandis que la trompette du dessin de Witepsk ne les porte pas même si il est en grande tenue avec les rosettes et les nœuds de queue; dans les deux situations, les aiguillettes ne sont pas portées. »
J’ai relu plusieurs fois ces deux pages 80 et 81 mais je n’arrivais pas à comprendre … j’ai alors pensé qu’il manquait une partie du texte, ce que m’a confirmé Riccardo PAPI lors d’un échange avec lui. Il m’a alors adressé le texte dans son intégralité et je le reproduis ci-dessous.
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« La grande tenue des trompettes des Gardes d’honneur est bien connue et elle a été représentée par tous les auteurs classiques ; Q.Cenni, R.Knötel, Lienhardt & Humbert.. et la source d’origine est l’estampe des frères Adam sur la cavalerie du royaume d’Italie imprimée en 1812. Cet uniforme est également confirmé par un autre dessin, toujours d’Albrecht Adam, qui nous montre en Russie, la fanfare de la garde et des Dragons royaux qui comme toujours faisaient brigade ensemble. Ce dessin conservé au SGS de Munich, nous montre aussi les galons de la partie postérieure on a donc une vue à 360 degrés de cet uniforme.
L’habit de grande tenue est coupé à la dragon comme celui des gardes et il est de la couleur distinctive de la compagnie à laquelle la trompette appartenait; rosa pour Milan, jaune pour Bologne, chamois pour Brescia, rouge pour la Romagne et orange pour Venise. Le col, les revers, les retroussis et probablement les parements aussi qui sont cachés par les gants à la crispin étaient de couleur bleu céleste. L’habit est tout galonné en argent au col, aux revers, au devant et au dos des manches, aux retroussis et aux poches; en outre deux galons descendent des épaules jusqu’à la taille en formant un écusson. Seulement les boutonnières des revers ont des broderies. La trompette de la planche de Milan a les épaulettes à franges argentées, comme les ont par erreur les gardes, tandis que la trompette du dessin de Witepsk ne les porte pas même si il est en grande tenue avec les rosettes et les nœuds de queue; dans les deux situations, les aiguillettes ne sont pas portées. »
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Les choses sont désormais très claires et très complètes et Riccardo poursuit son texte par la petite tenue des trompettes des Gardes d’honneur … je vais y revenir par la suite.
Je précise que cette amputation involontaire du texte de Riccardo, n’a pas pour autant impacter les documents graphiques illustrant cette partie de sa publication.
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Je vais dans un premier temps me centrer sur cette gravure en couleur des frères Adam mais sans entrer trop dans les détails puisque le texte de Riccardo en fait une très bonne description.
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2- Reconstitution de la grande tenue selon Albrecht Adam 1811-1812 : la gravure publiée chez Artaria
Cette gravure coloriée éditée par Artaria montre l’ensemble ds formations de cavalerie du Royaume d’Italie (Garde et ligne) lors d’une grande revue que le Vice-roi a passé à Milan devant le Château des Sforza. Ce document avait déjà été utilisé par notre ami Massimo Fiorentino quand il avait rédigé des articles pour la revue Tradition Magazine sur les Dragons de la Garde royale italienne 1805-1814. Dans la seconde partie de ce travail paru dans le N° 178 de mai 2002, il avait en particulier reconstitué la tenue bleu céleste des dragons de la Garde qui trône au premier plan de cette gravure des frères Adam.
En 2002, Massimo avait dénombré 3 exemplaires de cette gravure :
⇒un conservé au Museo del Risorgimento di Milano (au Palazzo Moriggia) que j’avais pu consulter sur place lors de mes visites. Désormais ces documents sont accessibles via internet sur le site des Collections digitalisées de la commune de Milan.
⇒ un second à la Bibliothèque Paul Marmottan
⇒ un dernier dans une collection privée … celle de notre ami Riccardo Papi.
A ces trois exemplaires, il faut ajouter celui que conserve aux USA, The Anne S.K. Brown Military Collection – Brown University – Rhode Island. Ce document peut également être consulté en ligne avec une très bonne définition sur son site.
Pour les besoins de notre article, je donne un extrait montrant le trompette en grande tenue de la compagnie de Bologne, pris, le premier, sur l’exemplaire de la Brown, et le second sur l’exemplaire de la collection Riccardo Papi.
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On remarque que les deux exemplaires sont très proches et présentent en tout cas les mêmes approches en ce qui concerne :
– les gants à la crispin qui masquent donc les parements … on peut imaginer sans trop de risque de se tromper qu’ils sont ronds bleu céleste avec un galon blanc comme le col.
– l’épaulette à franges portée sur l’épaule gauche … comme du reste pour tous les Gardes d’honneur de toutes les compagnies. Il s’agit sans doute d’une erreur d’interprétation lors de la réalisation de la gravure. Si l’on peut admettre que les Gardes d’honneur pouvaient avoir, sur l’épaule gauche, en tenue de parade ou de gala, l’épaulette en métal argent avec franges … cela me parait plus qu’improbable pour le trompette qui ne faisait pas partie du corps des Gardes d’honneur mais était considéré comme personnel militaire à la suite du corps.
– l’absence de l’aiguilette sous la contre-épaulette de l’épaule droite.
– la présence d’un pistolet est visible sur le dessus du chaperon de fontes à trois étages. Les chaperons de fontes, la housse-croupelin et le porte-manteau sont en drap bleu-céleste avec un galon blanc qui semble double uniquement sur la housse. Aucune marque (couronne de fer ou autre) n’est visible dans le coin arrière de cette schabraque.
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La seule différence quand on regarde avec soin les deux images, concerne le manteau plié sur le porte-manteau. Cette différence reprend du reste ce que Massimo Fiorentino avait observé lors de la réalisation des son article sur les dragons de la Garde royale italienne. Pour l’exemplaire de la Brown, le manteau est blanc avec la parementure qui apparaît sur le dessus qui semble de couleur céleste. Pour celui conservé par Riccardo Papi, le manteau semble céleste avec une parementure blanche.
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A ce stade de l’avancée de cet article, je pense qu’il est utile de réaliser, à partir de cette source primaire des frères Adam, une première infographie illustrant le trompette en grande tenue de la 2ème compagnie (Bologne) des Gardes d’Honneur de la Garde royale italienne en 1811-1812 (avant le départ pour la Campagne de Russie).
Pour la suite de l’article, je prendrai comme référence le trompette de droite, celui où j’ai volontairement transformé l’épaulette à franges de l’épaule gauche en une contre-épaulette identique à celle portée sur l’autre épaule.
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En réalisant cette reconstitution des trompettes des Gardes d’Honneur de la période 1811-1812, je me suis posé de très nombreuses questions que je souhaite partager et qui peuvent sortir de tout ce qui a été publié jusqu’à ce jour et remettre en cause certaines « certitudes » concernant les trompettes. Des questions qui vont sans doute rester sans réponse pour nombre d’entre elles … mais parfois il vaut mieux dire « je ne sais pas » !
Première remarque/question sur cette source primaire dont l’importance n’est plus à démontrer pour la connaissance des uniformes des troupes de cavalerie (et d’infanterie pour la seconde gravure coloriée) : pourquoi les frères Adam ne représente que les trompettes des formations à cheval de la Garde royale ?
Pour aucun des 6 régiments de cavalerie de ligne présents sur cette gravure (Dragons Napoleone, Dragons della Regina, 4 régiments de chasseurs à cheval), pourquoi les frères Adam ne représentent pas les trompettes de ces corps ?
Et pour revenir sur la spécificité des Gardes du Corps, pourquoi la gravure ne montre que le trompette de la 2ème compagnie de Bologne … alors que chacune des 5 compagnies est représentés par quelques membres (Gardes et officiers) en partant de Brescia, puis Bologne, Milan, la Romagne et enfin Venise ?
Ce qui signifie que la seule certitude est d’avoir la représentation d’un trompette des Gardes d’Honneur de la Compagnie N° 2 de Bologne avant le départ pour la Russie.
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Je vais poursuivre ce travail, en complétant cette première source en couleur des frères Adam, par quelques croquis en noir et blanc que Riccardo a présenté dans sa publication (Traditions N° 6 de février 2016).
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3- Reconstitution de la grande tenue selon Albrecht Adam 1811-1812 : les croquis noir et blanc pris sur le vif.
La façon de travailler d’Albrecht Adam sur le terrain permet aux chercheurs de consulter les croquis qu’il réalisait avant de pouvoir les reprendre et les agencer dans son atelier soit dans les tableaux sur les batailles qu’il a peints ou dans les aquarelles et les lithographies qu’il a réalisées pour illuster la campagne de 1812 en Russie. Dans son article dans Traditions sur les Gardes d’Honneur, Riccardo fournit trois exemples de ces croquis qui sont très intéressants à plus d’un titre pour les trompettes.
Je commence par les deux extraits de croquis ci-dessous :
Le premier croquis que présente Riccardo à la page 42 de la revue Traditions a été réalisé le 23 juin 1812 par le peintre sur le terrain au Quartier-général du Vice-roi à Szidorowka. Un groupe de trois cavaliers de la Garde (dont un Dragon) est croqué à cette occasion. Parmi les deux Gardes d’Honneur dont un à cheval enveloppé dans son grand manteau et surtout un trompette reconnaissable à son instrument porté en bandoulière dans le dos. Je note que les deux Gardes ne portent pas le plumet, un galon est visible sur le col du trompette mais également sur le parement. Sur l’épaule gauche, ce trompette porte la contre-épaulette. L’arrière de son habit ne semble pas galonné comme c’est le cas sur le 3ème croquis que je vais d’écrire par la suite, la poche en long et les boutons sont bien visibles. Je me demande toutefois s’il s’agit de la grande tenue ou de la petite tenue qui fera l’objet d’une description dans la suite de l’article.
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Le deuxième croquis que montre Riccardo à la page 46 de la revue Traditions a été réalisé le 25 août 1812 lors du passage du fleuve Vopp par les troupes du Vice-roi. Parmi l’escorte du Vice-roi trois Gardes d’Honneur qui semblent être en grande tenue avec le port du plumet. Sur la droite du croquis, Adam a représenté un trompette qui transporte encore son instrument en bandoulière dans le dos. Le col n’est pas très visible (galon ?), les parements sont cachés par les gants à la crispin mais les revers sont visibles et semblent montrer un galon (des boutonnières ?). Ce qui est le plus surprenant sur ce croquis d’un trompette est la présence d’un baudrier porte-giberne (?), l’absence de ce fait d’une contre-épaulette et sur l’autre épaule une aiguilette.
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Quand j’ai eu fini de détailler ces deux croquis, j’ai pensé à consulter les 83 aquarelles réalisées entre 1815 et 1825 qui sont conservées en Russie au Musée de l’Hermitage (Saint-Péterbourg) et que j’ai pu découvrir dans une publication de 2016 en langue russe que m’a procurée mon ami Riccardo (Альбрехт Адам Русский альбом – Albrecht Adam Album russe).
J’ai bien trouvé les scènes mentionnées par Adam mais les trompettes ont disparu et sont devenus, comme le fait justement remarquer Riccardo, de simples Gardes. (voir ci-dessous des extraits des deux aquarelles). La seule trace d’un trompette est sur la première aquarelle la présence d’un cheval blanc, marque très visible d’un trompette dans une formation de cavalerie.
J’attire déjà l’attention sur le fait que tous ces Gardes ont la couleur distinctive rouge … mais je vais avoir l’occasion de revenir également sur cela.
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Extrait de l’aquarelle de Szidorovka Q.G. le 23 juin (Hermitage)
Ouvrage en russe – Albrecht Adam Album russe – Moscou 2016
Le 3ème croquis figure sur la page 82 de la publication de Riccardo Papi. La légende qu’il mentionne résume l’apport de ce dessin en noir et blanc : «La fanfare de la cavalerie de la Garde royale – dessinée sur le terrain par Adam en Russie. On remarque que même en Russie les trompettes avaient emporté avec eux l’habit de grande tenue. On peut noter les détails des galons sur le dos du vêtement. Staatliche Graphische Sammlung. Munich. Allemagne.»
Comme l’écrit avec justesse mon ami Riccardo, ce dessin conservé à Munich permet d’avoir « une vue à 360 degrés de cet uniforme » … mais en noir et blanc !
Je me suis demandé si ce croquis pris au moment de la bataille de Witepsk avait fait l’objet dans les années postérieures à 1815 d’une aquarelle, d’un tableau … non pas de représentation couleur et même la transformation de ces trompettes et du porte-guidon des Gardes d’honneur en une lithographie figurant dans «Voyage pittoresque et militaire de Willemberg en Prusse jusqu’à Moscou fait en 1812 pris sur le terrain même et lithographié par Albert Adam – à Munich chez Hermann et Barth 1828 ». Cette lithographie est référencée sous le N°42 et la légende précise La Garde impériale devant Witepsk le 26 juillet 1812… Mais tout cela se situe après la chute de Napoléon et certains détails de l’ex Royaume d’Italie sont oubliés voire effacés !
Je suis convaincu qu’Adam a bien vu des trompettes des Gardes d’Honneur en grande tenue … et ces croquis peuvent servir à des tentatives de reconstitution mais en partant toujours et uniquement de la seule source couleur : la planche coloriée sur la cavalerie parue chez Artaria en 1812.
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Croquis dessiné sur place par Albrecht Adam (bataille de Vitepsk 1812) – trompettes en grande tenue des Gardes d’honneur et des Dragons
Page 82 Traditions N° 6 Février 2016 (document conservé au Staatliche Graphische Sammmlung – Munich – Allemagne)
Je souhaite également citer rapidement deux sources qui avaient présenté ce dessin des trompettes de la Garde royale devant Wipepsk : un numéro hors série de Tradition Magazine en 1997 et un ouvrage en langue allemande sur le Voyage pittoresque et militaire … selon Adam publié en 2015.
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Alain PIGEARD avait déjà présenté ce croquis dans la publication – La Campagne de Russie (1812) vue par Albrecht Adam et Christian Wilhelm von Faber du Faur ( Tradition Magazine Hors Série N° 3 1997). Page 42, il fournit deux illustrations provenant d’Adam.
⇒ La première porte la mention « La cavalerie de la Garde devant Witepsk, le 27 juillet (A.Adam -D.O.)» et correspond au croquis que je suis en train d’analyser (pour information les termes D.O. mentionné par cet auteur signifie Dessin Original) avec la présence des trompettes et d’un porte-fanion des Gardes d’Honneur et des trompettes des Dragons de la Garde. Je me permets d’ajouter que la Garde dont il est fait mention est la Garde Royale italienne.
⇒ La seconde illustration a comme légende « La cavalerie de la Garde devant Witepsk, le 27 juillet Dessin retravaillé d’après l’original (A.Adam)» et montre cette fois uniquement des trompettes et un porte-fanion de Dragons de la Garde. Ce document correspond comme je viens de l’écrire à la lithographie N° 42 (parmi les 95 que compte cet ouvrage) – La Garde impériale devant Witepsk, le 27 Juillet 1812 et qui figure dans Voyage pittoresque et militaires de Willemberg en Prusse jusqu’à Moscou fait en 1812 sur le terrain même et lithographié par Albert Adam – Edité par Hermann et Bart – Munich 1827 (1828-1833).
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L’ouvrage en langue allemande paru en 2015 et réalisé par trois auteurs (Thomas Hemmann, Rolf Eckstein et Eckard M. Theeven) porte en français le titre « Albrecht Adam – Voyage pittoresque et militaire de Willenberg en Prusse jusqu’à Moscou fait en 1812 » – puis en allemand « Neu herausgegeben » (pour Nouvelle édition). Il se compose de deux volumes ou parties : la première compte 229 pages et la seconde 194, seconde partie dans laquelle figurent les 95 lithographies du Voyage pittoresque.
Dans la 1ère partie, les auteurs parlent en autre de la méthode qu’utilisait Albrecht Adam pour ses oeuvres et l’importance de ses croquis pris sur le terrain. Pour réaliser ses lithographies, le peintre avait soit utilisé les aquarelles de l’Album russe, soit utilisé les croquis pris sur le terrain en 1812 et qui représentaient des petites scénes « d’après nature ».
Page 34, pour illustrer cette démarche et les évolutions que pouvaient connaître un croquis initial et l’oeuvre finale, les auteurs allemands montrent deux croquis avec justement les trompettes et le porte-fanion : la légende mentionne « croquis et détails tirés de la planche 42. Porte-fanion et groupe de trompettes qui sont passés de Chevau-légers en Dragons de la Garde impériale ». Les auteurs allemands voient dans le premier croquis des chevau-légers qui seraient ensuite devenus des dragons la Garde impériale. Je ne suis pas de cet avis et je pense, à la suite de Riccardo Papi, que l’on est bien en présence initialement d’un porte-fanion de la Gardes d’Honneur et de trompettes en grande tenue de ces mêmes Gardes d’Honneur, suivis de trompettes des Dragons de la Garde Royale. Ensuite, la lithographie N°42 du Voyage pittoresque … (La Garde impériale devant Witepsk 27 juillet 1812) n’a souhaité représenter que des dragons de la Garde impériale !
Je profite de cet occasion, pour inviter tous ceux qui s’intéressent à Adam et à son oeuvre à consulter ces deux ouvrages vraiment passionnants. C’est en effet, en parcourant cette publication, que j’ai découvert la représentation d’un 4ème trompette des Gardes d’honneur, malheuresement toujours en noir et blanc puisqu’il s’agit d’une lithographie (N°74 Près de Borodino 6 septembre 1812).
Les auteurs allemands présentent cette lithographie aux pages 172 et 173 du premier volume et leur description mentionne » à droite se tient un Garde d’Honneur avec plusieurs chevaux de selle lourdement chargés, qui semblent en meilleure condition. Un casque de Garde et une trompette sont suspendus à un arbre. Au premier plan à droite, un homme portant une chapka est assis par terre (vu de dos), probablement un artilleur à cheval (du fait des canons croisés sur sa giberne). A côté de de lui, un homme, difficile à identifier (peut-être un trompette de la Garde d’Honneur ?) est allongé sur le sol … ».
Je me suis demandé si ce document avait un équivalent dans les aquarelles de l’Album russe !
Oui mais avec une légende différente car l’artiste représente alors un bivouac près de Smolensk en date du 17 août et à nouveau le trompette est devenu un simple Garde bien que le cheval soit resté un cheval blanc de trompettes ! (voir ci-dessous)
Je pense que le croquis initial pris sur le terrain devait représenter un trompette en grande tenue avec, comme cela se remarque, le dos galonné comme les trompettes de Witepsk ! Il semble par ailleurs avoir un petit bidon (qui ressemble à une gourde) et qui figure bien sur l’aquarelle de l’Hermitage.
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Extrait de la lithographie N°74 Près de Borodino 7 septembre 1812
Voyage pittoresque et militaire …Albrecht Adam
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A ce stade de l’article, il me semble possible à nouveau de réaliser une nouvelle infographie sur la grande tenue qui en repartant du personnage en couleur d’Adam de 1811-début 1812 (2ème compagnie de Gardes d’Honneur de Bologne) me permettrait d’intégrer certains détails des croquis en noir et blanc comme le parement avec un galon (comme le col), la présence ou non des contre-épaulettes, le port possible de l’aiguillette et surtout la vue arrière de la tenue selon le croquis de Witepsk (une vue à 360 degrés comme l’écrit Riccardo Papi). Le seul détail que je ne retiens pas est la présence d’un baudrier porte-giberne sur le 1er croquis… je me suis même demandé s’il pouvait s’agir d’un manteau roulé !
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Je dois redire avec force que mes travaux de reconstitution ne sont et ne seront QUE DES RECONSTITUTIONS possibles au regard des documents existants et consultés. J’espère qu’un jour un document des archives italiennes ou mieux une peinture viendront apporter confirmation ou pas de ces hypothèses. A ce jour, après avoir passé en revue les 83 aquarelles du Musée de l’Hermitage, pas de trace d’un trompette en grande tenue et en couleur d’aucune des 5 compagnies de Gardes d’Honneur. Les trois seules aquarelles qui montrent un trompette le font figurer avec la petite tenue que je vais d’écrire et reconstituer maintenant.
Je confirme que la seule couleur distinctive qui figure sur les Gardes d’Honneur est la couleur rouge qui correspond à la compagnie N°4 de la Romagne. Je peux admettre que sur ces petits tableaux, il est peut-être difficile de différencier le rose de Milan, le rouge de la Romagne et l’orange de Venise … mais le jaune de Bologne et le chamois de Brescia sont éloignés d’un rouge !
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4- Reconstitution de la petite tenue selon Albrecht Adam Album russe (1812)
Dans sa publication Riccardo décrit une petite tenue pour les trompettes des Gardes d’Honneur en s’appuyant sur l’un des 83 petits tableaux conservés au Musée de l’Hermitage en Russie. Cette aquarelle est reproduite dans son texte aux pages 38-39 pour une vue générale de cette traversée du Dniepr et à la page 82 en la centrant sur le trompette en petite tenue.
On voit ce trompette coiffé du casque des Gardes d’Honneur mais avec la crinière blanche (comme le casque conservé au Musée de l’Armée à Paris, ainsi que celui de la gravure en couleur d’Adam de 1811-1812 chez Artaria), vêtu d’un habit bleu céleste avec un col sombre et un galon blanc. Les parements sont cachés par des gants à la crispin. Ce trompette porte sur l’épaule droite la contre-épaulette, le harnachement de son cheval blanc est également de couleur bleu céleste (housse, porte-manteau, chaperons en partie recouvert par une demi-schabraque en peau de mouton), le manteau est blanc avec la parementure rouge (comme celui des Gardes d’Honneur qui l’entoure). Sa tenue se complète par la culotte blanche et des bottes hautes. L’instrument est porté dans le dos en bandoulière.
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J’ai reconstitué ce trompette en tant que 1er personnage à gauche de l’infographie ci-dessous.
Extrait de l’aquarelle N°69 Passage du Dniepr à Bleskoe près de Dorogobouj le 26 août 1812
© Musée de l’Hermitage – Saint-Petersbourg – Russsie
Il existe dans les 83 aquarelles conservées au Musée de l’Hermitage de Saint-Petersbourg et reproduites dans l’ouvrage en langue russe (Альбрехт Адам Русский альбом – Albrecht Adam Album russe), deux autres petits tableaux montrant des trompettes en petite tenue.
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Aquarelle N°19 Quartier Général le 2 juillet 1812
© Musée de l’Hermitage – Saint-Petersbourg – Russie
et Ouvrage en russe – Albrecht Adam Album russe – Moscou 2016
La scène montre un trompette en petite tenue, seul et assis sur une barrière en bois, au milieu de 4 chevaux sellés, dont le sien reconnaissable à sa robe blanche pommelée et à son harnachement bleu céleste à galon argent, la partie avant recouverte par une demi-schabraque en peau de mouton.
Sur son porte-manteau un manteau blanc avec parementure rouge … alors qu’il porte déjà par ailleurs son manteau en bandoulière.
Dernier détail sur la housse, dans l’angle arrière, une grenade … Adam a souvent dessiné sans doute par erreurs des grenades (marque des Dragons de la Garde) au lieu de la Couronne de fer.
Précision : même sur la housse vert dragon des chevaux des Gardes se trouve la grenade argent.
Le personnage en lui-même est vêtu d’un habit qui semble court de couleur bleu-céleste, son col est caché par le large manteau porté roulé sur son épaule gauche, mais son parement rond est très visible et de couleur vert foncé.
Il est coiffé du casque (sans plumet) identique à celui du document précédent. Sa tenue se complète des culottes blanches et des bottes hautes.
Il est armé d’un sabre et sa trompette est porté là encore en bandoulière dans le dos et visible derrière l’épaule gauche.
⇒ ce trompette est reconstitué comme deuxième personnage de mon infographie avec l’équipement de son cheval.
Aquarelle N°14 Jachimitzki Quartier Général le 28 juin 1812
© Musée de l’Hermitage – Saint-Petersbourg – Russie
et Ouvrage en russe – Albrecht Adam Album russe – Moscou 2016
La scène représente un Garde d’Honneur et un trompette des Gardes d’Honneur qui sont descendus de cheval pour les faire boire à un puits (un paysan remonte de l’eau pour abreuver les animaux).
Le trompette vu de dos est en grande partie caché par son cheval pommelé blanc qui porte le même harnachement et le même manteau que celui de l’aquarelle précédente. Les manteaux pour le Garde et le trompette sont identiques (blanc avec parementure rouge). Cette fois, la housse du cheval du trompette ne porte aucune marque distinctive dans la partie arrière (pas de grenade ou autre !).
Quant aux personnages, alors que le Garde d’Honneur semble être en grande tenue (revers visibles), le trompette est en petite tenue.
Son casque vu de dos est très visible avec la chenille blanche (3ème confirmation de ce type de casque pour les trompettes) et absence de plumet blanc comme pour le Garde.
Son habit bleu céleste est en grande partie caché par son cheval mais il est possible de voir très nettement, le col vert dragon avec un galon argent et le parement gauche, rond et de couleur vert foncé et sans galon. Pour les bas, uniquement ses bottes hautes sont visibles.
⇒ ce trompette est reconstitué comme troisième personnage de mon infographie avec l’équipement de son cheval.
J’ai complété cette infographie sur la seconde tenue des trompettes des Gardes d’Honneur par une reconstitution d’un trompette en manteau avec la parementure rouge que l’on trouve sur toutes les aquarelles de l’Hermitage qui montrent des Gardes d’Honneur. J’ai tenté une reconstitution du bonnet de police de ces trompettes en me basant pour la forme sur les dessins d’Adam pour les Gardes d’Honneur et des Dragons de la Garde.
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Grace aux aquarelles d’Albrecht Adam il est possible d’avoir une reconstitution assez fidèle de la seconde ou petite tenue des trompettes des Gardes d’Honneur réellement portées durant la Campagne de Russie de 1812. Ma conviction est que cette tenue bleu céleste et vert dragon est unique et commune aux cinq compagnies de Gardes d’Honneur (l’hypothèse de la couleur distinctive au col, parements et retroussis et les galons argent sur les coutures et le dos ne me semble pas adaptée à ce type de tenue).
En effet, depuis 1811, le Royaume d’Italie au travers des dispositions prises par son Ministère de la Guerre a conduit une vraie démarche de rationalisation avec une recherche permanente d’un coût moindre, y compris pour la Garde Royale. Par exemple, le fait de voir sur les documents iconographiques de la Bibliothèque du Musée du Risorgimento de Milan, pour les Gardes d’Honneur des parties communes au 5 compagnies, certes en commençant par la grande tenue vert dragon mais aussi avec un manteau blanc avec parementure rouge et l’équipage du cheval vert dragon.
En échangeant avec mon ami Massimo Fiorentino, on se demandait même si cette petite tenue n’était la seule pour la Campagne de Russie … mais il existe quand même les croquis d’Adam dont celui des trompettes en grande tenue devant Witepsk !
Alors, les certitudes sur lesquelles ont peut s’appuyer (du fait d’une base iconographique d’époque) ce sont d’une part la grande tenue de parade jaune et bleu céleste pour la 2ème compagnie de Bologne et d’autre part la seconde tenue portée en campagne bleu céleste et vert dragon (distinctive) par les 5 compagnies. Pour le reste … rien ou alors des reconstitutions passées (Cenni, Boisselier, etc…) avec une tenue de parade de la couleur de la distinctive de chaque compagnie et une distinctive qui reprend le bleu céleste, le tout galonné de blanc ou d’argent. Je vais y revenir dans la partie suivante …
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5- Grande tenue en Russie : 1ère hypothèse fondée sur la gravure coloriée des frères Adam (chez Artaria 1811-1812)
En cours d’écriture JP PERCONTE 08/09/2026
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