1- Le contexte de cet article et des infographies sur les trompettes des Gardes d’honneur en 1811-1812
L’envie de réaliser cet article remonte à la sortie dans la Revue Traditions N°6 de février 2016 de la remarquable publication de mon ami Riccardo PAPI sur les Gardes d’Honneur de Napoléon. Je suis alors allé lire ce qu’il avait écrit sur les trompettes et les tambours de cette formation très particulière de la Garde royale du Royaume d’Italie. Mon souhait était de réaliser quelques planches en complément de mes infographies concernant la période 1811-1812, préiode pendant laquelle le corps comptait encore 5 compagnies et portait la nouvelle tenue vert dragon avec le casque à chenille qu’illustre l’estampe des frères Adam sur la cavalerie du Royaume d’Italie.
Pour information, Riccardo PAPI confirme l’absence de sources pour les trompettes et tambours de la période 1805-1810 … j’avais tendance à penser que pour la période 1811-1812, la règle devait être les couleurs inversées et je souhaitais vérifier cela.
Les informations que je recherchais se situent dans cette publication entre les pages 81 chapitre Les tambours et trompettes à la page 83 chapitre Les guidons et porte-guidons.
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LES TAMBOURS ET LES TROMPETTES
(fin de la page 80).
Le texte reprend page 81 : « pin étaient de couleur bleu céleste. L’habit est tout galonné en argent au col, aux revers, au devant et au dos des manches, aux retroussis et aux poches; en outre deux galons descendent des épaules jusqu’à la taille en formant un écusson. Seulement les boutonnières des revers ont des broderies. La trompette de la planche de Milan a les épaulettes à franges argentées, comme les ont par erreur les gardes, tandis que la trompette du dessin de Witepsk ne les porte pas même si il est en grande tenue avec les rosettes et les nœuds de queue; dans les deux situations, les aiguillettes ne sont pas portées. »
J’ai relu plusieurs fois ces deux pages 80 et 81 mais je n’arrivais pas à comprendre … j’ai alors pensé qu’il manquait une partie du texte, ce que m’a confirmé Riccardo PAPI lors d’un échange avec lui. Il m’a alors adressé le texte dans son intégralité et je le reproduis ci-dessous.
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« La grande tenue des trompettes des Gardes d’honneur est bien connue et elle a été représentée par tous les auteurs classiques ; Q.Cenni, R.Knötel, Lienhardt & Humbert.. et la source d’origine est l’estampe des frères Adam sur la cavalerie du royaume d’Italie imprimée en 1812. Cet uniforme est également confirmé par un autre dessin, toujours d’Albrecht Adam, qui nous montre en Russie, la fanfare de la garde et des Dragons royaux qui comme toujours faisaient brigade ensemble. Ce dessin conservé au SGS de Munich, nous montre aussi les galons de la partie postérieure on a donc une vue à 360 degrés de cet uniforme.
L’habit de grande tenue est coupé à la dragon comme celui des gardes et il est de la couleur distinctive de la compagnie à laquelle la trompette appartenait; rosa pour Milan, jaune pour Bologne, chamois pour Brescia, rouge pour la Romagne et orange pour Venise. Le col, les revers, les retroussis et probablement les parements aussi qui sont cachés par les gants à la crispin étaient de couleur bleu céleste. L’habit est tout galonné en argent au col, aux revers, au devant et au dos des manches, aux retroussis et aux poches; en outre deux galons descendent des épaules jusqu’à la taille en formant un écusson. Seulement les boutonnières des revers ont des broderies. La trompette de la planche de Milan a les épaulettes à franges argentées, comme les ont par erreur les gardes, tandis que la trompette du dessin de Witepsk ne les porte pas même si il est en grande tenue avec les rosettes et les nœuds de queue; dans les deux situations, les aiguillettes ne sont pas portées. »
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Les choses sont désormais très claires et très complètes et Riccardo poursuit son texte par la petite tenue des trompettes des Gardes d’honneur … je vais y revenir par la suite.
Je précise que cette amputation involontaire du texte de Riccardo, n’a pas pour autant impacter les documents graphiques illustrant cette partie de sa publication.
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Je vais dans un premier temps me centrer sur cette gravure en couleur des frères Adam mais sans entrer trop dans les détails puisque le texte de Riccardo en fait une très bonne description.
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2- Reconstitution de la grande tenue selon Albrecht Adam 1811-1812 : la gravure publiée chez Artaria
Cette gravure coloriée éditée par Artaria montre l’ensemble ds formations de cavalerie du Royaume d’Italie (Garde et ligne) lors d’une grande revue que le Vice-roi a passé à Milan devant le Château des Sforza. Ce document avait déjà été utilisé par notre ami Massimo Fiorentino quand il avait rédigé des articles pour la revue Tradition Magazine sur les Dragons de la Garde royale italienne 1805-1814. Dans la seconde partie de ce travail paru dans le N° 178 de mai 2002, il avait en particulier reconstitué la tenue bleu céleste des dragons de la Garde qui trône au premier plan de cette gravure des frères Adam.
En 2002, Massimo avait dénombré 3 exemplaires de cette gravure :
⇒un conservé au Museo del Risorgimento di Milano (au Palazzo Moriggia) que j’avais pu consulter sur place lors de mes visites. Désormais ces documents sont accessibles via internet sur le site des Collections digitalisées de la commune de Milan.
⇒ un second à la Bibliothèque Paul Marmottan
⇒ un dernier dans une collection privée … celle de notre ami Riccardo Papi.
A ces trois exemplaires, il faut ajouter celui que conserve aux USA, The Anne S.K. Brown Military Collection – Brown University – Rhode Island. Ce document peut également être consulté en ligne avec une très bonne définition sur son site.
Pour les besoins de notre article, je donne un extrait montrant le trompette en grande tenue de la compagnie de Bologne, pris, le premier, sur l’exemplaire de la Brown, et le second sur l’exemplaire de la collection Riccardo Papi.
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On remarque que les deux exemplaires sont très proches et présentent en tout cas les mêmes approches en ce qui concerne :
– les gants à la crispin qui masquent donc les parements … on peut imaginer sans trop de risque de se tromper qu’ils sont ronds bleu céleste avec un galon blanc comme le col.
– l’épaulette à franges portée sur l’épaule gauche … comme du reste pour tous les Gardes d’honneur de toutes les compagnies. Il s’agit sans doute d’une erreur d’interprétation lors de la réalisation de la gravure. Si l’on peut admettre que les Gardes d’honneur pouvaient avoir, sur l’épaule gauche, en tenue de parade ou de gala, l’épaulette en métal argent avec franges … cela me parait plus qu’improbable pour le trompette qui ne faisait pas partie du corps des Gardes d’honneur mais était considéré comme personnel militaire à la suite du corps.
– l’absence de l’aiguilette sous la contre-épaulette de l’épaule droite.
– la présence d’un pistolet est visible sur le dessus du chaperon de fontes à trois étages. Les chaperons de fontes, la housse-croupelin et le porte-manteau sont en drap bleu-céleste avec un galon blanc qui semble double uniquement sur la housse. Aucune marque (couronne de fer ou autre) n’est visible dans le coin arrière de cette schabraque.
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La seule différence quand on regarde avec soin les deux images, concerne le manteau plié sur le porte-manteau. Cette différence reprend du reste ce que Massimo Fiorentino avait observé lors de la réalisation des son article sur les dragons de la Garde royale italienne. Pour l’exemplaire de la Brown, le manteau est blanc avec la parementure qui apparaît sur le dessus qui semble de couleur céleste. Pour celui conservé par Riccardo Papi, le manteau semble céleste avec une parementure blanche.
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A ce stade de l’avancée de cet article, je pense qu’il est utile de réaliser, à partir de cette source primaire des frères Adam, une première infographie illustrant le trompette en grande tenue de la 2ème compagnie (Bologne) des Gardes d’Honneur de la Garde royale italienne en 1811-1812 (avant le départ pour la Campagne de Russie).
Pour la suite de l’article, je prendrai comme référence le trompette de droite, celui où j’ai volontairement transformé l’épaulette à franges de l’épaule gauche en une contre-épaulette identique à celle portée sur l’autre épaule.
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En réalisant cette reconstitution des trompettes des Gardes d’Honneur de la période 1811-1812, je me suis posé de très nombreuses questions que je souhaite partager et qui peuvent sortir de tout ce qui a été publié jusqu’à ce jour et remettre en cause certaines « certitudes » concernant les trompettes. Des questions qui vont sans doute rester sans réponse pour nombre d’entre elles … mais parfois il vaut mieux dire « je ne sais pas » !
Première remarque/question sur cette source primaire dont l’importance n’est plus à démontrer pour la connaissance des uniformes des troupes de cavalerie (et d’infanterie pour la seconde gravure coloriée) : pourquoi les frères Adam ne représente que les trompettes des formations à cheval de la Garde royale ?
Pour aucun des 6 régiments de cavalerie de ligne présents sur cette gravure (Dragons Napoleone, Dragons della Regina, 4 régiments de chasseurs à cheval), pourquoi les frères Adam ne représentent pas les trompettes de ces corps ?
Et pour revenir sur la spécificité des Gardes du Corps, pourquoi la gravure ne montre que le trompette de la 2ème compagnie de Bologne … alors que chacune des 5 compagnies est représentés par quelques membres (Gardes et officiers) en partant de Brescia, puis Bologne, Milan, la Romagne et enfin Venise ?
Ce qui signifie que la seule certitude est d’avoir la représentation d’un trompette des Gardes d’Honneur de la Compagnie N° 2 de Bologne avant le départ pour la Russie.
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Je vais poursuivre ce travail, en complétant cette première source en couleur des frères Adam, par quelques croquis en noir et blanc que Riccardo a présenté dans sa publication (Traditions N° 6 de février 2016).
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3- Reconstitution de la grande tenue selon Albrecht Adam 1811-1812 : les croquis noir et blanc pris sur le vif.
En cours de réalisation (JPP 27/08/2026)
